Royaume-Uni : le secteur téléphonique coupe dans ses effectifs et se tourne vers le numérique

Le groupe de téléphonie britannique, British Telecom, va supprimer 55 000 emplois d’ici 2030. L’annonce de l’entreprise ne laisse planer aucun doute sur son projet. BT explique être obligée de réaliser un plan d’économies drastique.

Article rédigé par France Info, Emmanuel Cugny
Radio France
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Temps de lecture : 4 min
La tour de groupe British Telecom, à Londres. (LEON NEAL / AFP)

Au total 55 000 postes seront supprimés au cours des sept prochaines années. Cela représente un peu plus de 40% des 130 000 personnes employées au total par British Telecom dans le monde, directement ou par des intermédiaires comme les sous-traitants. L’opérateur avait déjà commencé à trancher dans ses coûts avec la crise du Covid, et la direction compte bien poursuivre et accélérer son plan mis en œuvre en avril 2020. L’objectif est d’alléger les coûts de fonctionnement de trois milliards de livres sterling, l’équivalent de trois milliards et demi d'euros.

Mardi 16 mai, l’autre opérateur britannique, Vodafone, a annoncé un plan identique. 11 000 suppressions de postes sur trois ans, soit 10% de ses effectifs, pour relancer sa compétitivité dans un contexte de performances financières et de cours boursiers en berne.

L'intelligence artificielle gagne du terrain

Du côté de British Telecom, les résultats ne sont pas bons. Son chiffre d’affaires est en baisse mais surtout, ses bénéfices avant impôts sont en chute de 12%, à quelque deux milliards d'euros. Idem pour Vodafone. L’activité en Afrique se porte bien mais décline en Europe. Les deux sociétés de téléphonie ont souffert des pressions inflationnistes, notamment des prix de l’énergie.

L'avancée technologique est la principale raison de ces plan de licenciements. Plus que d’autres multinationales, les opérateurs téléphoniques sont au cœur de la transition numérique. Digitalisation des services, intelligence artificielle… des changements qui nécessiteront moins de travailleurs dans les prochaines décennies, et une réorientation vers d’autres métiers. Cela impose des mutations profondes de l’outil de production et surtout de management, dès maintenant.

Les géants informatiques américains rencontrent la même problématique et se lancent eux aussi dans des plans sociaux massifs. Microsoft prévoit de licencier 10 000 personnes, IBM près de 4 000... et la liste risque bien de s'allonger.

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