Qui est Fiona Scott Morton, dont le recrutement par la Commission européenne fait polémique ?

La Commission européenne nomme Fiona Scot Morton qui a conseillé Google, Meta et Amazon alors que l’Europe s'apprête à mettre en place une nouvelle législation pour réguler le secteur.
Article rédigé par franceinfo, Emmanuel Cugny
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 212 min
La Commission européenne à Bruxelles (Belgique). (NOÉMIE BONNIN / RADIO FRANCE)

La Commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager, est auditionnée mardi 18 juillet au Parlement européen sur la nomination controversée de cette haute fonctionnaire à un poste clef à Bruxelles. Cette personne s’appelle Fiona Scott Morton. Professeure d’Économie à la prestigieuse université de Yale, aux États-Unis. Sa candidature vient d’être retenue pour occuper le poste d’économiste en chef de la stratégique Direction européenne de la concurrence.

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Parcours impeccable que celui de la recrue, si ce n’est que Madame Scott Morton, pur produit de l’administration de l’ancien président Barack Obama, a travaillé à la division antitrust du ministère américain de la Justice et, surtout, a été consultante directe pour de grands groupes technologiques comme Apple, Amazon et Microsoft. Autant dire qu’elle en connaît un rayon.

Risque de conflit d’intérêt ?

Pour certains, il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau et d'une polémique comme on les aime en France. Le fait est que la puissante Direction générale de la concurrence à Bruxelles est chargée de veiller au bon fonctionnement du système en Europe en enquêtant notamment sur les abus de position dominante des géants du numérique, ces Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft), créés par les Américains et régulièrement épinglés sur le Vieux continent. Or, la nomination de Fiona Scot Morton intervient au moment où l’Europe s'apprête à mettre en place une nouvelle législation pour réguler le secteur. D’où le recrutement critiqué par certains responsables politiques et économiques qui souhaitent obtenir des explications, voire faire annuler l’opération.

Plusieurs personnalités sont montées au créneau dont le Commissaire Français au marché intérieur, Thierry Breton, repris par plusieurs groupes politiques, dont les Verts, jusqu’au Medef, en France. Le tout nouveau ex-président du mouvement patronal, Geoffroy Roux de Bézieux, parle de "naïveté", "indifférence" et du "mépris de l'administration bruxelloise pour l'opinion publique". De son côté, l'Agence technologique et numérique européenne (Jedi) estime que le moment est venu de réformer en profondeur la Direction générale de la concurrence, qui contribue à "accélérer le déclin technologique de l’Europe depuis une vingtaine d'années".

Von der Leyen droite dans ses bottes

La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, refuse de faire marche arrière. Droite dans ses bottes face à la bronca des députés européens et d’autres personnalités, Madame Von der Leyen adresse une fin de non-recevoir. Ce qui ne va pas manquer de renforcer le sentiment grandissant contre une présidente européenne déjà accusée de faire le jeu de l’Allemagne. Le jeu américain cette fois, c'est-à-dire un versant atlantiste désormais affiché au grand jour et dont Ursula Von der Leyen a de plus en plus de mal à se défendre. L’audition de la Commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, elle-même très critiquée, s’annonce animée, voire houleuse.

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