Pouvoir d'achat : vers la fin du bouclier énergie

Mis en place par le gouvernement pour limiter la hausse du prix du gaz et de l’électricité pour les ménages et les entreprises, le bouclier fiscal va coûter plus cher que prévu cette année. Le ministère de l’Économie vient de faire les comptes, la facture est salée.

Article rédigé par France Info, Emmanuel Cugny
Radio France
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Temps de lecture : 4 min
Une casserole sur un brûleur sur une gazinière. (FRANCEINFO)

Sept milliards d'euros de plus que prévu, il va falloir mettre fin au dispositif de bouclier énergie. Bientôt fini le "quoi qu'il en coûte" ? Depuis le temps que l’on en parle, le moment semble arrivé. C’est le message lancé jeudi 20 avril par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, qui présentait la nouvelle feuille de route des finances publiques pour les prochaines années, les engagements de Paris bientôt envoyés à Bruxelles au nom du programme de stabilité budgétaire de la France.

Entre le plafonnement des prix de l’électricité et du gaz pour que les factures des particuliers n’explosent pas à la fin du mois, les chèques exceptionnels et les différentes ristournes sur les carburants, au total, cela a coûté à l’État l’année dernière entre 24 et 25 milliards d’euros. Cette année, dix milliards d’euros de fonds publics étaient prévus dans la loi de finances pour assurer ce fameux bouclier énergie, mais la facture finale devrait être de l’ordre de 17 milliards.

Moins de recettes face à plus de dépenses

Le problème se situe au niveau des recettes. Au cœur du dispositif il y a ce que l’on appelle la "Contribution au service public de l’électricité". La CSPE est une contribution que doivent payer les fournisseurs d'énergie. Cette contribution basée sur les tarifs de gros baisse puisque les prix du gaz sont en repli sur la scène internationale. Il en est de même pour la taxe que les producteurs doivent payer à l’État sur leur rente. Les deux cumulés font que l’État voit moins d’argent rentrer dans ses caisses alors qu’il s’est engagé par ailleurs à soutenir les ménages et les entreprises. L’État dépense plus qu’il ne reçoit en échange. Selon les calculs de Bercy, la moins-value s’élèvera cette année à 21 milliards d’euros. L’État veut siffler la fin de la partie.

Le bouclier fiscal est l’une des pierres angulaires du "quoi qu’il en coûte » instauré pendant la crise. L’objectif est d’en sortir dans les deux ans. Ce bouclier est, de fait, une des parties importantes du plan d’économies que veut faire le gouvernement pour désendetter la France d’ici la fin du second quinquennat d’Emmanuel Macron en 2027.

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