Le brief éco, France info

Le re-confinement va-t-il faire baisser le prix des carburants à la pompe ?

La première vague au printemps avait enregistré un repli des cours du brut. Cette tendance réapparait avec le nouveau confinement. 

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Un forage pétrolier en Syrie, le 21 avril 2020 (illustration).
Un forage pétrolier en Syrie, le 21 avril 2020 (illustration). (DELIL SOULEIMAN / AFP)

Une baisse significative est intervenue la semaine dernière : les cours du baril de Mer du Nord et ceux aux États-Unis ont chuté respectivement de 10% et 11% depuis le printemps. C’est la pire chute depuis avril dernier. On est à 38 dollars pour le baril de Brent (la référence en Europe) et 36 dollars pour le WTI (la référence américaine). Les prix du pétrole qui baissent sur le marché mondial, c’est une baisse quasi assurée du prix des carburants à la pompe car les deux sont intimement liés, si l’on fait abstraction des taxes prélevées par l’État qui représentent en France 80% du prix du litre.

Moins d’activité, moins besoin de pétrole

Cette baisse est liée au re-confinement mais ce dernier vient à peine d’être décidé. Cela peut déjà avoir un impact concret sur les prix de l’essence ? Les opérateurs avaient anticipé un durcissement des conditions sanitaires et donc un nouveau ralentissement de l’économie. L’explication est simple : moins d’activité, c’est moins de demande de pétrole puisque la production tourne au ralenti. En plus, cette baisse de la demande intervient à un moment où l’offre augmente. Les producteurs, notamment en Libye, produisent plus que de besoin. C'est la loi du marché : une demande inférieure à l’offre fait baisser les prix du pétrole et donc des tarifs de l’essence à la pompe.

De nombreuses incertitudes demeurent

Vu le contexte, on peut imaginer que ce mouvement de replis des cours est parti pour durer. Mais les incertitudes sont nombreuses. S’ajoute cette fois-ci l’élection présidentielle américaine. Les opérateurs s’attendent à quelques turbulences : qui va remporter l’élection demain et pour appliquer quelle politique économique ? Le regain de pandémie de Covid-19 et l'élection américaine constituent un beau petit cocktail. Autant dire que le marché pétrolier va certainement encore tanguer dans les prochaines semaines, voire les prochains mois, les prix à la pompe avec. Cela s’appelle la volatilité.

Un forage pétrolier en Syrie, le 21 avril 2020 (illustration).
Un forage pétrolier en Syrie, le 21 avril 2020 (illustration). (DELIL SOULEIMAN / AFP)