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Le brief éco. Transport aérien : Total lance le biokérosène

Ces carburants intègrent des huiles de cuisson et des graisses animales. Ils sont destinés aux aéroports français dès ce mois d’avril.

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La bioraffinerie de La Mède, en octobre 2019 (illustration).
La bioraffinerie de La Mède, en octobre 2019 (illustration). (BORIS HORVAT / AFP)
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Rien ne se perd, tout se transforme : Total entame la production de biocarburant durable pour l'aviation. C'est la suite de la diversification du groupe pétrolier français, avec une particularité pour ces carburants : ils intègrent des huiles de cuisson.

Ce carburant est produit dans la bioraffinerie Total de La Mède, dans les Bouches-du-Rhône et sur le site d’Oudalle, en Seine-Maritime. La multinationale française doit par ailleurs produire, à partir de 2024, 170 000 tonnes de ces carburants sur son site de Grandpuits, en Seine-et-Marne. Un site où Total a investi 500 millions d'euros et pour lequel va s'appliquer un plan de restructuration sans licenciements secs. C’est une reconversion du site.

Des huiles produites à partir de déchets

L'huile de cuisson dans le carburant est quelque chose d'assez innovant, mais il y a d'autres ingrédients. Ces carburants durables pour l’aviation sont aussi produits à partir de déchets et de résidus issus de l’économie circulaire, comme les graisses animales. Total promet qu’il n’utilisera pas d’huiles végétales. Concrètement, ces SAF (en anglais : "sustainable aviation fuel"), peuvent être actuellement mélangés à 50% avec le kérosène traditionnel. L’industrie aéronautique vise 100% d’ici la fin de l’année. Les biocarburants de Total sont destinés aux aéroports français dès ce mois d’avril.

Pour l’instant, le coût de ce biokérosène est prohibitif, ce qui freine son utilisation. Pour donner un ordre de grandeur, ces biocarburants représentaient en 2019 moins de 0,1% des 360 milliards de litres de carburant utilisés par l’aviation commerciale. La feuille de route du gouvernement français prévoit de monter à 1% de biocarburant dans le volume global consommé par les avions d’ici l’année prochaine, 2% en 2025 et 5% en 2030.

C’est un élément essentiel pour que le transport aérien réduise ses émissions de carbone. Le secteur s’est fixé pour objectif de réduire d’ici à 2050 ses émissions de CO2 de 50% par rapport à leur niveau de 2005.

La bioraffinerie de La Mède, en octobre 2019 (illustration).
La bioraffinerie de La Mède, en octobre 2019 (illustration). (BORIS HORVAT / AFP)