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Le brief éco. En difficulté, General Electric décide de mettre ses actionnaires à la diète

Le groupe américain, qui accuse une perte de 20 milliards d'euros au troisième trimestre de cette année, a pris la décision de verser à ses actionnaires un dividende trimestriel symbolique d'un centime seulement.

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Le logo de General Electric sur une façade.
Le logo de General Electric sur une façade. (URS FLUEELER / KEYSTONE)

Rien ne va plus pour General Electric. Le géant américain, qui a racheté la branche énergie du français Alstom en 2015, annonce une réorganisation après une perte de 23 milliards de dollars (environ 20 milliards d'euros) au troisième trimestre.

Des actionnaires mis à la diète

Le nouveau patron, Larry Culp, en place depuis le 1er octobre, a décidé de prendre le taureau par les cornes et de frapper fort. Une fois n’est pas coutume, ce sont les actionnaires qui vont sentir la différence. Leur dividende trimestriel sera symbolique. Un petit cent (un centime), pas plus, ce qui permettra au groupe de faire une première économie proche de quatre milliards de dollars sur un an.

Une révolution pour GE dont les actionnaires ont perçu depuis l’année 2000, 150 milliards de dollars de dividendes. Une politique entretenue par l’ancien patron, Jeff Immelt. Ce dernier, débarqué en 2017 après 20 ans de service, est venu racheter en France la branche énergie d’Alstom pour un peu plus de 12 milliards d'euros, la plus grosse acquisition de l'histoire de GE.

Jeff Immelt a été remercié, mais le mal est fait

Certains experts, et des actionnaires plutôt lucides, plaidaient pour qu’une partie de ces milliards de dividendes soient réinvestis dans l’entreprise. Ils n’ont pas été entendus. Il y aussi d'autres soucis pour le groupe américain, mais passons sur les enquêtes en cours menées par la justice américaine sur les pratiques comptables de l’entreprise. Jeff Immelt a commis d’autres erreurs, fautes stratégiques, comme celle de ne pas avoir su anticiper la révolution dans le secteur de l’énergie avec la montée en puissance des énergies renouvelables, l'effondrement des commandes de turbines, etc.

En rachetant des activités en plein contre-cycle, Jeff Immelt laisse derrière lui tout sauf l’image d’un grand stratège. Quant au conglomérat dont il a eu la charge pendant une grosse quinzaine d'années, on voit dans quel état il est aujourd’hui. Il lui faut enrayer l’hémorragie de sa division énergie. Le nouveau PDG veut recentrer GE sur l’aéronautique, la santé et poursuivre sur l’énergie, mais en réorganisant les structures. De nouvelles suppressions d’emplois sont programmées.

La France reste un pays stratégique

Larry Culp a récemment confié à notre ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, que la France restait un pays stratégique pour le groupe américain. Le siège de l'activité énergie est situé à Belfort et cette branche emploie 16 000 personnes en France. Larry Culp affirme qu'il tiendra l’engagement de créer les 1 000 emplois nets envisagés. Mais les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent.

Le logo de General Electric sur une façade.
Le logo de General Electric sur une façade. (URS FLUEELER / KEYSTONE)