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Le brief éco. Prélèvement à la source : les entreprises dans l’expectative

Le prélèvement de l’impôt à la source aura-t-il bien lieu au 1er janvier 2019 comme prévu ? Lundi matin, la question reste posée. Le week-end a encore livré des déclarations contradictoires, ce qui est loin d’arranger les entreprises qui aimeraient bien savoir à quelle sauce elles vont être mangées.

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Le ministère de l\'Economie et des finances, à Paris.
Le ministère de l'Economie et des finances, à Paris. (LOIC VENANCE / AFP)

Les entreprises commencent à trouver le temps long car l’échéance approche et ce n’est pas en claquant dans les doigts du jour au lendemain que leur dispositif sera prêt. Il y a le casse-tête technique, mais aussi psychologique. Certains craignent les possibles écarts entre la somme due aux impôts et le montant réellement prélevé. Bercy a beau avoir lancé une campagne de pub télévisée, la manœuvre est redoutée, plus par les petites entreprises que les plus grosses qui ont des services généralement plus étoffés et les gestionnaires adaptés.

BNP-Paribas a commencé à préparer le terrain

Il ne s’agit pas du prélèvement de l’impôt en tant que tel mais d’une anticipation des effets attendus pour les salariés. Concrètement, à partir du 1er janvier, BNP Paribas va lisser sur douze mois le treizième mois de salaire de ses quelque 58 000 employés en France. L’objectif est de réduire, ou au moins atténuer, l’effet psychologique négatif du prélèvement à la source et limiter l’impact sur la trésorerie des salariés. Comme l’impôt sur le revenu ne sera plus réglé l’année suivante selon les revenus déclarés l’année précédente, mais prélevé directement sur les fiches de paie en fin de chaque mois, la différence sera nettement visible : la case salaire net sera amputée. Donc, en lissant le treizième mois de salaire sur les douze restants dans l’année, l’impact chiffré sera bien moindre.

Rétropédalage prévu

Si le prélèvement à la source n’a pas lieu, BNP-Paribas suspendra le dispositif prévu. Mais on voit vraiment dans quel embarras les tergiversations de l’Elysée mettent les entreprises qui ont voulu anticiper pour éviter les problèmes. Chez BNP, cela ne s’est pas fait sans réaction des syndicats : la CGT parle d’artifice pour faire croire que le pouvoir d’achat des petits salaires se maintient, FO y voit une mesure "tendancieuse" car elle fera apparaître un salaire net mensuel plus important. Bref, il est vraiment temps qu’Elysée, Matignon et Bercy prennent une décision. Nous ne sommes plus qu’à quatre mois de l’échéance (1er janvier 2019). Les entreprises travaillent sur un autre rythme que les politiques. Une prise de conscience par nos dirigeants serait la bienvenue.

Le ministère de l\'Economie et des finances, à Paris.
Le ministère de l'Economie et des finances, à Paris. (LOIC VENANCE / AFP)