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Le brief éco. Pourquoi un Brexit mal négocié serait pire que la crise financière de 2008

Les rapports sur les effets économiques de la sortie du Royaume-Uni de l’Europe en mars 2019 se multiplient. Le dernier a été publié mercredi par la Banque centrale d'Angleterre. Alarmant.

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Theresa May, Première ministre britannique est saluée par Michel Barnier, négociateur européen au Parlement européen à Bruxelles (Belgique), le 24 novembre 2018.
Theresa May, Première ministre britannique est saluée par Michel Barnier, négociateur européen au Parlement européen à Bruxelles (Belgique), le 24 novembre 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Un Brexit sans accord avec les Européens entraînerait un effondrement de la livre sterling de 25%. Le PIB britannique (la richesse produite par les entreprises du royaume) serait amputé de 8 à 10% d’ici 2024 et les prix de l’immobilier plongeraient de 30%. C’est-à-dire qu’en cas de Brexit sans accord avec Bruxelles – donc une rupture des relations commerciales avec le continent – l’économie britannique revivrait le même scénario que pendant la crise financière internationale de 2008.  

Impact concret pour les Britanniques

La chute de la livre sterling par exemple : si elle facilite les exportations du Royaume, elle renchérit les importations de biens consommés dans le pays. Effet collatéral : la hausse des prix… l'inflation monterait jusqu'à 6,5%. Cela pousserait les foyers à moins consommer et les entreprises à moins investir. Une spirale infernale dont on imagine les effets négatifs sur l’emploi. Selon la Banque centrale d'Angleterre, le taux de chômage monterait en flèche à 7,5% (il est aujourd’hui à 4%). Autre exemple chiffré : la baisse probable de neuf points de PIB sur quinze ans amputerait l’économie du Royaume de 200 milliards de livres sterling (225 milliards d’euros) et entraînerait une réduction du niveau de vie annuel par habitant de 2 200 livres (2 400 euros).  

La Banque d’Angleterre charge-t-elle la barque ?  

La pression monte avant le mardi 11 décembre, date à laquelle les députés britanniques doivent se prononcer sur l’accord scellé entre Theresa May et Bruxelles pour un Brexit en douceur. La Première ministre britannique obtiendra-t-elle l’accord des députés sur son "deal" expliqué dans 600 pages et auquel les responsables européens ont donné leur feu vert dimanche dernier ? Rien n'est moins sûr à l'heure où nous parlons, d'autant que les brèches ouvertes par le Brexit interviennent dans un contexte international lui-même bourré d’incertitudes. On va le voir à la réunion du G20 de Buenos Aires qui se tient vendredi et samedi en Argentine. Entre un Donald Trump qui veut taxer les voitures européennes, un marché pétrolier en pleine ébullition, la menace d’une hausse des taux d’intérêt qui rendrait plus chers le crédit et l’investissement, un Brexit mal maîtrisé... Bref, tout cela n'est pour n'est bon pour personne... ou mauvais pour tout le monde. Chacun choisira la formule qui lui convient.  

Theresa May, Première ministre britannique est saluée par Michel Barnier, négociateur européen au Parlement européen à Bruxelles (Belgique), le 24 novembre 2018.
Theresa May, Première ministre britannique est saluée par Michel Barnier, négociateur européen au Parlement européen à Bruxelles (Belgique), le 24 novembre 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)