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Le brief éco. Pourquoi la France rembourse-t-elle sa dette à des taux d’intérêt négatifs ?

Malgré le contexte économique et social tendu avec les grèves, la France continue de rembourser sa dette à taux d’intérêt négatifs. 

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La façade de la Banque de France, à Paris.
La façade de la Banque de France, à Paris. (JOEL SAGET / AFP)

Le principe s’explique simplement : les investisseurs prêtent à l'État de l'argent gratuitement, et lui en donnent même un peu plus. Autant dire que c'est une belle opération pour le Trésor français. Comment cela fonctionne ? Pour rembourser sa dette, l’État va chercher de l’argent sur les marchés financiers. Mardi 15 mai, Paris a ainsi emprunté un peu plus de cinq milliards d’euros à court terme (trois mois) à un taux de -0,56%. La France rembourse ainsi sa dette à taux négatifs depuis 2014.

Confiance en l'État français

Pourquoi les investisseurs sont prêts à perdre de l’argent en prêtant à l’État français à de si bonnes conditions ? Il y a d’abord la solidité de la "signature" France : je suis investisseur, je cherche un placement sûr… Je n’hésite pas : j’achète de la dette française car j’ai la garantie d’être remboursé dans les temps. C’est aussi le résultat de la politique menée par la Banque Centrale Européenne : pour soutenir l’économie, la BCE fait tourner la planche à billets pour faciliter notamment le crédit aux entreprises. Il y a aujourd’hui une telle masse de liquidités en circulation que les investisseurs préfèrent perdre un peu en misant sur des valeurs sûres (les obligations d’État françaises), plutôt que de redonner cet argent à la BCE qui va les leur demander un loyer pour utiliser ses coffres.

Le cas des particuliers

Lorsqu’ils empruntent et contractent un crédit, les particuliers peuvent-ils bénéficier de ces taux négatifs ? Non. L’État profite de ce régime car il passe par le marché obligataire. Un État émet des obligations, des titres de dettes, qui sont achetés par les investisseurs. Le particulier, lui, ne peut pas émettre d’obligations. S’il veut emprunter, il est obligé de passer par sa banque. Ce sont donc avant tout les finances publiques qui en profitent. Avantage pour le particulier : une marge de manœuvre pour renégocier le coût de son crédit avec son banquier. Mais il faut vite négocier car les taux d’intérêt sont en train de remonter.

La façade de la Banque de France, à Paris.
La façade de la Banque de France, à Paris. (JOEL SAGET / AFP)