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Le brief éco. Pourquoi la France continue d’emprunter à taux d’intérêts négatifs

C'est mon boulot. Il ne faut pas être trop intelligent pour être un bon dirigeantParis vient d'emprunter six milliards d'euros à un taux de -0,6%. 

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La Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne).
La Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne). (DANIEL ROLAND / AFP)

Qui n’a jamais rêvé d’emprunter de l’argent auprès de sa banque sans devoir payer d’intérêts ? Les taux à 0%, voire négatifs, c’est toujours réalité en France. Ce sont les finances publiques qui en profitent et, indirectement, les particuliers

Pour rembourser sa dette, l’État va chercher de l’argent sur les marchés. Lundi 12 février, Paris a ainsi emprunté six milliards d'euros (un peu plus de trois milliards sur trois mois à un taux de -0,6%. D’autres échéances, dont une sur un an, lui ont été accordées à -0.5%. La France rembourse ainsi sa dette à taux négatifs, c'est à dire que les investisseurs nous donnent de l'argent, en plus de ce qu'ils nous prêtent

Des avantages pour les investisseurs

C'est en grande partie le résultat de la politique menée par la Banque centrale européenne. La BCE rachète aux banques privées des obligations d’Etat (des dettes dues par les pays) et leur donne de l’argent frais en échange. De l’argent censé être réinjecté dans l’économie, à travers notamment le crédit pour accompagner la croissance et relancer aussi un peu d’inflation.
Il y a aujourd’hui une telle masse de liquidités en circulation que les investisseurs préfèrent perdre un peu d’argent en misant sur des valeurs sûres, plutôt que de redonner le liquide à la BCE qui, de toute façon, va les faire payer pour utiliser ses coffres. Par ailleurs, cela prouve qu'ils font confiance à l'économie française. 

Un impact pour les particuliers

L’État profite de ce régime privilégié car il passe par le marché obligataire. Les obligations sont à l'État, ce que les actions sont aux entreprises à la Bourse. Le particulier, lui, ne peut pas émettre d’obligations. S’il veut emprunter, il est obligé de passer par sa banque. Mais tout n'est pas perdu pour lui, car l'État qui rembourse ses dettes à moindre coût, c’est bon pour le citoyen contribuable. C'est positif aussi pour les particuliers, dans la mesure où ce mécanisme modère le niveau des taux bancaires pour emprunter ou investir. En revanche, les banques font grise mine puisqu'elles ne gagnent rien sur l’argent qu’elles prêtent et cela réduit leurs marges. On ne peut pas gagner à tous les coups...

La Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne).
La Banque centrale européenne à Francfort (Allemagne). (DANIEL ROLAND / AFP)