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Le brief éco. Mondial 2018, le ruissellement sur l’économie française

Si l’on fait abstraction de la rémunération hors normes des footballeurs, la simplicité du football est inversement proportionnelle aux retombées économiques qu’elle engendre.

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Le footballeur Neylar lros d\'un entraînement au stade de Sochi, le 13 juin 2018.
Le footballeur Neylar lros d'un entraînement au stade de Sochi, le 13 juin 2018. (JEWEL SAMAD / AFP)

Finalement, le foot est un sport très simple. Un ballon et l’affaire est dans le sac. En termes d’affaires justement, c’est tout le paradoxe : si l’on fait abstraction de la rémunération hors normes des footballeurs ou du maillot de l’équipe de France qui s’arrache au prix de 140 euros, la simplicité de ce sport populaire est inversement proportionnelle aux retombées économiques qu’elle engendre. Un ballon et c’est la planète entière qui s’enflamme au grand bonheur des médias, commerçants, restaurateurs et sites de paris en ligne.

Un levier économique très diversifié

C’est un peu la théorie du ruissellement qui veut que les richesses d’en haut se déversent sur le bas de l’échelle. En l’occurrence le ruissellement depuis les hautes sphères de la Fifa (la Fédération internationale de football), une machine économique qui pèse plus de 200 milliards d'euros. Le ruissellement qui alimente la croissance. La France n’est pas organisatrice de l’événement cette année, mais si l’on prend la Coupe du monde 1998 dont Paris était maître de cérémonie, la victoire des Bleus avait dopé le moral des Français. La croissance annuelle s’affichait à 3%. Notre PIB (la richesse nationale produite) a même gagné 6% sur le seul trimestre suivant la victoire.

Des achats très simples mais très rémunérateurs

Cette année la France n’organise pas le Mondial mais l’activité commerciale va, de toute façon, se ressentir positivement. Cela commence par les achats très simples : de l’investissement dans un nouveau barbecue pour les soirées entre amis, au nouveau téléviseur, en passant par la tireuse à bière pour faire plaisir aux copains (avec modération). Des achats qui, combinés, gonflent vraiment le chiffre d’affaires des magasins de la grande distribution. La restauration bien sûr : bars et restaurants seront de la fête. Pour certains, la durée d’une Coupe du monde permet de réaliser plus du tiers des revenus réalisés sur l’ensemble de l’année.

Les médias se frottent les mains

La publicité télévisée, ce sont plusieurs dizaines de millions d’euros de recettes publicitaires assurées pendant l’événement. Il faut garantir un retour sur investissement : TF1 ou BeinSport ont tous deux mis sur la table pas moins de 130 millions d’euros pour pouvoir diffuser les matchs. Pour repère : 30 secondes de publicité peuvent coûter à l’annonceur jusqu’à 140 000 euros le spot. Les paris sportifs : Betclic, Lotofoot pour ne citer qu’eux. Selon les estimations, le secteur pourrait récolter, jusqu’à fin juillet, entre 400 et 500 millions d’euros uniquement en France. Inutile d’organiser la Coupe du Monde de football pour que le pays y gagne sur le plan économique.

Le footballeur Neylar lros d\'un entraînement au stade de Sochi, le 13 juin 2018.
Le footballeur Neylar lros d'un entraînement au stade de Sochi, le 13 juin 2018. (JEWEL SAMAD / AFP)