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Le brief éco. Easyjet, le Brexit blues

Easyjet a essuyé une sérieuse perte au premier semestre : 250 millions d’euros de déficit pour la compagnie aérienne britannique à bas coût.

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Un avion de la compagnie Easyjet décolle de l\'aéroport de Brandebourg (Allemagne).
Un avion de la compagnie Easyjet décolle de l'aéroport de Brandebourg (Allemagne). (PATRICK PLEUL / DPA FILE)

La compagnie aérienne britannique à bas coût Easyjet a essuyé une sérieuse perte au premier semestre : 250 millions d’euros de déficit, et ce alors que le nombre de passagers ne cesse de progresser. Un trou d’air paradoxal.

Il est loin, le gros coup marqué pour les 20 ans de la compagnie en 2015, et l’annonce de l’ouverture de 30 lignes supplémentaires et 200 nouvelles routes exploitées, avec la part belle faite aux régions. Aujourd’hui, la deuxième compagnie low cost européenne, derrière l'irlandaise Ryanair, traverse une sacrée turbulence. Les 250 millions d’euros de pertes sont à comparer avec le chiffre du premier semestre 2016. Déjà un déficit, certes, mais limité à 25 millions d’euros. 200 millions de moins sur un an, cela fait mal.

L'effet calendrier et le Brexit

Pour expliquer ces mauvais chiffres, le groupe invoque un effet de calendrier. Les fêtes très touristiques de Pâques qui soutiennent l’activité tombaient cette année en avril, en dehors de la période d’exercice, contrairement à l’année dernière. Il y a aussi la concurrence, bien sûr. Mais surtout, élément nouveau, l’effet Brexit.

La perspective de sortie du Royaume-Uni de l’Europe pousse durablement la livre sterling vers le bas. Or, plus la livre sterling est basse, plus elle renchérit les coûts d’Easyjet dans les autres devises qui, elles, sont plus fortes. Les coûts de la compagnie britannique sont en effet facturés en majorité dans d’autres monnaies. Sur la période considérée, on peut dire que le Brexit a amputé l’exercice d’Easyjet de 120 millions d’euros, malgré la baisse des prix du carburant. Si les prix du pétrole avaient été plus élevés, la compagnie aurait encore perdu plus d’argent.

Les taux de change défavorables ont annulé l’effet positif de la hausse de la clientèle. Le chiffre d’affaires a progressé avec un nombre record de 34 millions de passagers. Mais avec l’effet taux de change, la compagnie a vu le revenu par siège baisser de 5%. Plus de passagers mais moins d’argent gagné sur chaque siège. Easyjet se veut malgré tout optimiste. Les réservations pour l’été seraient meilleures que prévu.

Il ne faut pas oublier qu’Easyjet a inventé "l’ubérisation" avant l’heure : un seul type d’avion (A320) pour mutualiser et faciliter l’entretien du matériel et assurer la formation des personnels. Malgré ce trou d'air du premier semestre, Easyjet reste un grand concurrent pour Air France dont la direction se bat en ce moment avec les syndicats de pilotes pour faire naître son projet "Boost", une compagnie à coûts réduits. La compagnie britannique a misé son principal axe de développement sur l’hexagone... un challenge pour Air France.

Un avion de la compagnie Easyjet décolle de l\'aéroport de Brandebourg (Allemagne).
Un avion de la compagnie Easyjet décolle de l'aéroport de Brandebourg (Allemagne). (PATRICK PLEUL / DPA FILE)