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Le brief éco. Brexit : l’économie britannique souffre de plus en plus

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour la Première ministre britannique Theresa May. Les signaux économiques sont mauvais moins d'un an avant la sortie du Royaume-Uni de l'Europe.

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Theresa May, Première ministre britannique, en viste à Sale vers Manchester (Grande-Bretagne), le 30 avril 2018.
Theresa May, Première ministre britannique, en viste à Sale vers Manchester (Grande-Bretagne), le 30 avril 2018. (OLI SCARFF / POOL)

Semaine compliquée pour Theresa May. Mercredi 2 mai, la Première ministre britannique tient une réunion avec son cabinet pour discuter des suites à donner au Brexit. Une réunion qui tombe au lendemain de la publication de chiffres économiques pas très reluisants pour le Royaume-Uni.

Les mauvaises nouvelles s’accumulent pour Theresa May. Moins d’un an avant la date prévue pour la sortie du Royaume-Uni de l’Europe, les signaux économiques se détériorent et les Britanniques en subissent de plus en plus les conséquences. Nouvelle preuve de la morosité ambiante : l’activité du secteur manufacturier (l'industrie) a progressé en avril à son rythme le plus faible depuis plus d’un an et demi. Cet indicateur tombe quelques jours après l’annonce d’un net coup de frein de la croissance au premier trimestre : seulement 0,1% sur trois mois, autant parler d’une quasi-stagnation.

Les raisons avancées

L’institut de conjoncture américain Markit attribue ce coup de mou à un net affaiblissement des nouveaux contrats venant de l’étranger. Les chefs d’entreprises n’investissent plus, ou beaucoup moins. Ils ne veulent pas investir, dans le doute du Brexit. Ajouter à cela la baisse persistante de la livre sterling (au plus bas depuis janvier face au dollar). Si elle facilite les exportations du Royaume, cette baisse de la livre renchérit les importations de biens consommés dans le pays. Effet collatéral : l’inflation qui pèse directement sur le porte-monnaie des Britanniques. L’une des conséquences est le repli de la demande de crédits à la consommation. Cette demande ne progresse même plus de 9% sur l’année, son niveau le plus faible depuis novembre 2015.

Peu de marges de manœuvre pour Theresa May

La Première ministre britannique est rattrapée par les événements et les dissensions de plus en plus importantes au sein des Tories conservateurs ne l’aident pas. Lundi 30 avril, les Lords britanniques ont accordé au Parlement le droit de bloquer le Brexit. Le texte doit encore faire du chemin parlementaire, mais il ouvre clairement la porte à un "non Brexit". Le gouvernement de Theresa May pour se voir empêché de quitter le giron européen sans un accord avec Bruxelles. C’est un sacré micmac sur fond de pressions exercées par le négociateur européen, le Français Michel Barnier. Theresa May devrait aborder tout cela avec son cabinet mercredi 2 mai. Et jeudi 3, le lendemain, les élections locales serviront de test pour elle-même et sa majorité.

Theresa May, Première ministre britannique, en viste à Sale vers Manchester (Grande-Bretagne), le 30 avril 2018.
Theresa May, Première ministre britannique, en viste à Sale vers Manchester (Grande-Bretagne), le 30 avril 2018. (OLI SCARFF / POOL)