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Le brief éco. À quoi sert encore le G20 ?

Les pays membres du G20 viennent de se réunir à Osaka, au Japon. Cette dernière réunion des pays les plus avancés de la planète a une nouvelle fois montré les limites de l'exercice.

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Les chefs d\'Etat participent au G20 à Osaka (Japon), le 29 juin 2019.
Les chefs d'Etat participent au G20 à Osaka (Japon), le 29 juin 2019. (DOMINIQUE JACOVIDES / POOL)

Ce sommet a été pris en otage par la rencontre entre le président américain, Donald Trump, et son homologue chinois Xi Jinping. Une série de rencontres à deux ont éclipsé les autres séances de travail. Le plus marquant est la multiplication de ces rencontres bilatérales alors que les réunions du G20 sont censées apporter une réponse unie aux crises mondiales.

Ces réunions au sommet remplissent-elles encore leur rôle ?

Ces grands rendez-vous internationaux ont toujours été basés sur le principe du multilatéralisme. Pour reconstruire les économies détruites lors de la Seconde guerre mondiale, les accords de Bretton Woods, signés en 1944, en instaurant  l'internationalisation du dollar, ont débouché sur des accords commerciaux multilatéraux. Plus d'une centaine de pays discutent entre eux pour développer le commerce mondial. Mais les discussions à 120 ou 130 se sont complexifiées. Puis est arrivée la crise de 2008 qui a donné le coup de grâce.

La mondialisation ne s'est pas arrêtée pour autant

Les terrains de négociations se sont resserrés, passant progressivement d’accords commerciaux multilatéraux à des accords bilatéraux, moins équitables. Aujourd’hui, nous voyons le développement d’accords régionaux. Ce ne sont plus des pays qui discutent entre eux mais de grands blocs qui entendent défendre leurs intérêts communs. Il y a aujourd’hui trois grands blocs : l’Amérique (Nord et Sud), l’Europe emmenée par Bruxelles, et l’Asie pilotée par la Chine.

Emergence de risques

Cette nouvelle donne commerciale porte en germe la poussée des nationalismes économiques. On ne commerce plus de manière croisée, laissant certains pays sur le bord de la route. Cela crée des frustrations, des tensions, et, in fine, le protectionnisme. C’est clairement l’objectif poursuivi par Donald Trump. Donc, si le G20 ne se réforme pas, sous l’impulsion de l’Europe notamment, Etats-Unis et Chine renforceront progressivement leur suprématie au nez et à la barbe des Européens. Le sommet d'Osaka de ce week-end vient d'en donner une preuve supplémentaire.

Les chefs d\'Etat participent au G20 à Osaka (Japon), le 29 juin 2019.
Les chefs d'Etat participent au G20 à Osaka (Japon), le 29 juin 2019. (DOMINIQUE JACOVIDES / POOL)