La Poste : en 2035, la livraison de repas à domicile va représenter la première activité des facteurs

La Poste se réinvente et transforme son modèle économique pour devenir moins dépendante de son activité courrier. La société entend augmenter fortement son activité de livraison de repas à domicile. Le président du groupe, Philippe Walh, s'en est expliqué, mercredi, devant les sénateurs.
Article rédigé par Emmanuel Cugny
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Une voiture de La Poste en tournée à Briançon, dans les Hautes-Alpes, en mars 2023. (THIBAUT DURAND / HANS LUCAS / AFP)

Philippe Wahl, directeur général de La Poste, était auditionné par la commission des Finances du Sénat, mercredi 10 avril, le groupe se réinvente et se tourne vers la livraison de repas à domicile. L’idée est originale et elle fait bien partie du plan stratégique préparé par La Poste pour la prochaine décennie. Philippe Wahl rappelle quelques données. En 1990, 70% du chiffre d’affaires de La Poste provenait du courrier. Ce taux diminue fortement chaque année et atteindra à peine 15% fin 2024.

Cette baisse constante de l’activité courrier depuis dix ans – les lettres sont remplacées par les mails et les factures dématérialisées – a creusé un trou de six milliards d’euros dans l’activité du groupe, l’équivalent du chiffre d’affaires de la RATP ou de Dassault-Système. Intenable pour La Poste, d’où la transformation de son modèle économique pour devenir moins dépendante de son activité courrier. Le groupe est aujourd’hui porté par la livraison de colis et les services financiers (avec la Banque Postale).

Cinq millions de repas livrés en 2023

Confier aux 65 000 facteurs la distribution de repas à domicile comme activité principale à horizon 2025 revient à se positionner sur un secteur porteur avec le vieillissement de la population. D’ailleurs, cette diversification est déjà en place. Aujourd’hui, La Poste livre plus de 15 000 repas par jour. En 2023, le groupe en a livré cinq millions. La Poste entend doubler le chiffre d’affaires issu de cette nouvelle activité dès cette année. Essentiellement tourné vers les seniors, ce service est assuré en partenariat avec les centres communaux d’action sociale (CCAS), les hôpitaux et des restaurateurs spécialisés.

Pendant ce temps, de plus en plus de bureaux de poste ferment, au grand dam des populations locales concernées. Il ne reste que 7 000 de ces bureaux en France, contre 14 000 à la fin des années 90, et ils sont de moins en moins fréquentés. Dans 40% des agences postales communales, notamment rurales, moins de cinq personnes s’y rendent chaque jour.

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