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La dette de l’assurance chômage atteindra le plus haut de son histoire en 2022

C’est la conclusion de l’Unédic, l’organisme qui gère le régime d’assurance des demandeurs d’emplois. Ses dernières prévisions révèlent bien l’ampleur de la crise

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L\'agence Pôle emploi à Villeneuve-d\'Ascq (Nord); Photo d\'illustration.
L'agence Pôle emploi à Villeneuve-d'Ascq (Nord); Photo d'illustration. (ODILE SENELLART / FRANCE-BLEU NORD)

C’était il y a tout juste un an, en février 2020 : personne n’imaginait l'importance du confinement qui se préparait pour le mois de mars et l’Unédic nous rassurait en affirmant que le régime d’assurance chômage reviendra à l’équilibre en 2021. Un an après, la donne a totalement changé. Le déficit de l’assurance chômage s’est aggravé, non pas à cause de la hausse du nombre de chômeurs, mais essentiellement par le coût de financement des mesures d’activité partielle destinées à maintenir l’emploi. Aujourd’hui, le gestionnaire du système prévient : avec la crise, non seulement le déficit du régime ne sera pas à l’équilibre cette année, mais en plus le montant de la dette atteindra 70 milliards fin 2022 contre 32 milliards initialement prévus. 70 milliards : du jamais vu.

Hausse du chômage

Pour cette année, l’Unédic anticipe la destruction de 230 000 emplois et un taux de chômage de 10%. Ses calculs sont basés sur la fin progressive des mesures de maintien de l’emploi dans le courant de l’année. Dit en d’autres termes,  une diminution des aides ajoutée à la conjoncture encore fragile entraînerait la suppression de 230 000 emplois. Le nombre de chômeurs indemnisés approcherait ainsi les trois millions fin 2021, avant une amélioration en 2022.

Avenir de la réforme de l’assurance chômage

C’est dans ce contexte que vont reprendre les discussions entre le gouvernement et les partenaires sociaux sur la réforme de l’assurance chômage. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, réunit mardi 2 mars prochain syndicats et patronat pour échanger sur les suites à donner à la concertation engagée à l’automne sur cette réforme controversée, suspendue avec la pandémie. Décidée en juillet 2019 par le gouvernement d’Edouard Philippe, cette réforme visait, à l'origine, jusqu’à 1 milliard 300 millions d’euros d’économie par an, notamment en durcissant les règles d'indemnisation des chômeurs. L’histoire risque d’être réécrite.  

L\'agence Pôle emploi à Villeneuve-d\'Ascq (Nord); Photo d\'illustration.
L'agence Pôle emploi à Villeneuve-d'Ascq (Nord); Photo d'illustration. (ODILE SENELLART / FRANCE-BLEU NORD)