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Inflation : pourquoi le prix du gaz flambe-t-il ?

Aurons-nous assez de gaz cet hiver ? En Europe, les craintes sur l’approvisionnement énergétique du continent montent, et les prix du gaz se remettent à flamber.

Article rédigé par franceinfo - Vincent Touraine
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un brûleur de gazinière. (JOHANNA LEGUERRE / AFP)

À Rotterdam, l’indice néerlandais TTF, qui est la référence du gaz naturel en Europe, s’est envolé dans la journée de mardi 16 août pour toucher un nouveau plus haut en six mois, quand l’invasion de l’Ukraine par la Russie chamboulait les marchés. À plus de 225 euros le MWh - et même 251 euros en séance - le gaz naturel n’a jamais été aussi cher en cinq ans en cette saison. Un emballement du gaz qui tranche avec l’accalmie sur le pétrole, qui lui semble avoir tourné la page de la guerre en Ukraine.

À l’heure où les importations de gaz russe sont en train de se tarir en Europe, la demande monte d’un cran, ce qui tire logiquement les prix à la hausse. Ce surcroit de demande vient d’Allemagne, le plus gros consommateur européen de gaz – jusqu’ici russe – confronté à l’assèchement du Rhin, une axe fluvial vital pour son industrie et donc son économie. Le niveau du Rhin a tellement baissé avec les fortes chaleurs que les barges qui alimentent les centrales thermiques allemandes en charbon et en pétrole ne peuvent plus passer, forçant les opérateurs à brûler plus de gaz pour produire de l’électricité, malgré des prix de plus en plus élevés.

Mais cette nouvelle flambée du gaz donne surtout un avant goût des difficultés que l’Allemagne risque de connaitre cet hiver. Dans un pays où la moitié des ménages se chauffent au gaz, la facture s’annonce salée. Déjà, le gouvernement allemand a prévu de réduire de 20% sa consommation de gaz pour éviter tout rationnement, et il va mettre à contribution les entreprises et ménages qui en ont les moyens, pour épargner les plus modestes.

Dans quelle mesure la France est-elle concernée par cette envolée ?

La France est nettement moins vulnérable que son voisin allemand, et cela pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’avant même la guerre en Ukraine, elle ne dépendait que très peu du gaz, qui ne représentait que 16% de ses besoins énergétiques, une part encore plus faible provenant de Russie.

L’autre avantage de la France c’est qu’elle a pris très tôt le virage du GNL – le gaz naturel liquéfié – qui lui a permis de bien diversifier ses approvisionnements auprès des États-Unis ou du Qatar. Depuis quelques mois, les terminaux méthaniers français répartis sur la façade atlantique, tournent à plein régime. Et comme l’offre devient abondante par rapport au gaz traditionnel, les prix ont même tendance à baisser. 

Pour les particuliers, enfin, ce gaz plus cher n’a pour l’instant pas d’impact en raison du bouclier tarifaire sur l’énergie qui bloque les tarifs du gaz réglementé jusqu’à la fin de l’année, tout comme il limite la hausse des prix de l’électricité, ce qui permet à la France d’afficher une inflation parmi les moins élevées en Europe.

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