EDF : un futur nouveau patron pour quoi faire ?

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On connaît le successeur du patron d’EDF. Pour remplacer Jean-Bernard Lévy bientôt touché par la limite d'âge, le président de la République porte son choix sur Luc Rémont. Inconnu du grand public mais présenté comme fin connaisseur des questions industrielles.

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Radio France
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Luc Rémont, le 23 septembre 2015. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Le nouveau patron d'EDF est un fin connaisseur des arcanes de l’industrie et des rouages de l’État. Capital pour occuper ce poste stratégique. Âgé de 53 ans, Luc Rémont est aujourd’hui responsable des opérations internationales du groupe Schneider Electric. Avant le secteur privé, il avait traîné ses guêtres dans les couloirs de plusieurs ministères dont celui de l’Économie et des Finances, et au Trésor, sous le deuxième mandat de Jacques Chirac. Le choix du chef de l’État, Emmanuel Macron, doit être entériné par les commissions des Affaires économiques de l’Assemblée nationale et du Sénat courant octobre, mais le vote favorable à ce polytechnicien et homme de l’art ne fait aucun doute.

Luc Rémont va être nommé PDG mais, à terme, pourrait ne pas rester seul aux commandes de l’énergéticien français comme l’est Jean-Bernard Lévy depuis 2014. Les deux fonctions – président d’un côté, directeur général de l’autre – pourraient être clarifiées à l’aune d’un changement. Son salaire fixe (hors primes et objectifs) s’élèvera à 450 000 euros brut par an (37 500 euros par mois), plafond fixé par la loi française pour tout patron d’entreprise publique et qui n'a pas permis de recruter un grand capitaine d'industrie.

De gros dossiers sur la table

Les défis sont à la fois financiers et industriels. Pour faire court, on sait qu’à la fin de l’année, EDF sera endettée à hauteur de 60 milliards d’euros. Face à cette situation, l’État veut renationaliser l'électricien mais n’a toujours pas déposé son dossier d’offre publique d'achat auprès des autorités compétentes. Sans parler de l’urgence de l’hiver, de la guerre en Ukraine, et la remise en service un maximum de réacteurs nucléaires avant fin février.

En clair, le futur "nouveau patron d’EDF" va devoir redresser la barre d’une très belle entreprise mise à mal par un manque de vision stratégique de long terme, notamment de la part de l’État actionnaire. Et cela ne date pas des seules dix dernières années.  

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