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Malgré la guerre, la Russie envoie en France l’aimant géant pour le projet Iter

À Cadarache, près d'Aix-en-Provence, les scientifiques du programme de recherche sur la fusion nucléaire (le projet Iter – International thermonuclear experimental reactor,) peuvent être soulagés. La Russie a bien envoyé l'un des éléments-clés du chantier.

Article rédigé par franceinfo - Boris Hallier
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
L'aimant de neuf mètres de diamètre quitte le port de Saint Petersbourg (Russie), le 1er novembre 2022 (AFP)

C'est l'un des projets les plus ambitieux du moment et il ne pouvait pas fonctionner sans cette imposante pièce conçue en Russie. Il s'agit d'un aimant en forme d'anneau : neuf mètres de diamètre, 200 tonnes. Il a fallu huit ans de travail aux ingénieurs russes pour le concevoir et il vient donc de quitter Saint-Petersbourg à bord d'un navire, direction Marseille où il devrait arriver dans deux semaines. Dans le jargon des scientifiques, cela s'appelle une "bobine de champ poloïdal". Elle sera l'un des morceaux du fameux "Tokamak", autre nom barbare pour désigner cette machine qui est en cours de construction à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhone. C'est comme si les chercheurs fabriquaient un soleil artificiel.

Le programme Iter a pour objectif d'étudier la fusion nucléaire, source d'énergie des étoiles comme le soleil. À ne pas confondre avec la la fission nucléaire, sur laquelle reposent nos centrales nucléaires actuelles. Cette bobine envoyée par les Russes fait partie d'un ensemble d'aimants surpuissants capables de maîtriser le plasma à l'intérieur du réacteur.

Soulagement pour les sauveteurs

Avec la guerre en Ukraine, de nombreux programmes internationaux ont été suspendus, voire annulés. C'est le cas dans le spatial avec ExoMars, un robot devait être envoyé sur la planète rouge en septembre derniermais ce projet russo-européen a été abandonné. Avec les sanctions imposés à Moscou, les scientifiques d'Iter ont craint une remise en cause du projet auquel la Russie participe. Mais "tout le monde aurait été perdant", assure le responsable russe chargé de fabriquer l'élément envoyé cette semaine.

Le projet Iter est déjà en retard notamment à cause de la pandémie et de la complexité de ce chantier pharaonique. L'objectif aujourd'hui est de lancer un premier test du réacteur en décembre 2025. Soit 40 ans après le lancement du projet par les présidents soviétique Mikhaïl Gorbatchev et américain Ronald Reagan.

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