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Le billet vert. Un projet de Total pour stocker du CO2 à grande échelle

Le billet vert consacré tout l’été à la façon dont nous vivons avec le changement climatique.  Les effets sont de plus en plus sensibles. Les scientifiques prévoient une accentuation dans les années qui viennent. Et cela affecte tous les pans de notre société.

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La raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique).
La raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique). (GEORGES GOBET / AFP)
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Les groupes pétroliers, qui sont de gros pollueurs, investissent massivement dans la recherche et dans des projets pour tenter de fournir des solutions face au réchauffement climatique. L’idée c’est d’emprisonner le CO2 et de le stocker à la place du gaz qui est extrait de la mer. Ça fonctionne mais c’est critiqué.


On va parler du groupe Total. C’est un très gros émetteur de gaz à effet de serre. Mais c’est aussi aujourd’hui un acteur majeur dans le captage et le stockage du gaz carbonique. La lutte contre le réchauffement passe par la réduction des émissions. Mais ce n’est pas suffisant pour limiter le réchauffement autour de 1,5°C. Il va falloir aussi augmenter la capture du CO2 dans l’atmosphère. Cela se fait de matière naturelle avec des forêts et des écosystèmes, mais ça peut aussi se faire de manière mécanique. Et c’est là que Total intervient. Le groupe a un important projet de transport et de stockage de CO2 en Norvège. L’investissement est de plus d’un 500 millions d’euros. Plusieurs partenaires sont impliqués. Il s’agirait de stocker des tonnes de CO2 à grande échelle dans les roches sous-marine de la mer du Nord. David Nevicato est en charge de la recherche et du développement chez Total pour le captage et le stockage de CO2 : "C'est vrai que le projet auquel participe Total en Norvège concrétise le passage à une échelle industrielle et commerciale d'une technologie qui a fait l'objet plutôt d'un démonstrateur de pilote. C'est l'un des premiers objets de cette ampleur industrielle en Europe. Il permet vraiment de prendre en charge les émissions de CO2 de plusieurs industriels."

Depuis quatre ans la recherche chez Total dans le domaine du captage et du stockage de CO2 se renforce considérablement. Le groupe investi plus de 90 millions d’euros par an. L’enjeu, c’est d’en faire un secteur rentable à terme. Dit David Nevicato : "La rentabilité d'un tel projet dépend d'une part du prix du carbone que les industries sont prêtes à payer et d'autre part de la taille du marché, donc des clients prêts à stocker leur CO2. Dans une première phase, il faut le soutien des pouvoirs publics mais dans une deuxième phase, pour le développement de ces technologies, le prix du carbone que serait prêt à payer les industriels, permettra de rentabiliser ces investissements." Actuellement il existe une vingtaine de sites industriels de captage dans le monde. L’Europe a financé en grande partie un pilote qui va fonctionner sur le site d’Arcelor Mittal à Dunkerque. Cette voie est critiquée par les ONG du climat. Elles estiment qu’elle agit à la marge et qu’elle détourne du vrai sujet qui est la réduction à la source des émissions.
 
 

La raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique).
La raffinerie Total de Donges (Loire-Atlantique). (GEORGES GOBET / AFP)