Le billet vert, France info

Le billet vert. Mieux vaut trier ses déchets que tricher avec les déchets

Il n'y a pas que les déchets de la maison qu'il faut trier. Tous les autres déchets produits par les industries notamment doivent être triés. Et Il ne faut pas croire que tous nos déchets sont envoyés vers des pays à faible coût de main-d'oeuvre pour autant.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Des bouteilles en plastique dans une déchetterie à Clermont-Ferrand (Puy-de Dôme). Photo d\'illustration.
Des bouteilles en plastique dans une déchetterie à Clermont-Ferrand (Puy-de Dôme). Photo d'illustration. (EMMANUEL MOREAU / FRANCE-BLEU PAYS D’AUVERGNE / RADIO FRANCE)

Mieux trier ses déchets, c’est très important et pour savoir ce qu’ils deviennent, on peut même aller visiter son centre de tri à l'occasion de la semaine européenne de réduction des déchets qui commence. Mais il n’y a pas qu’à la maison qu’il faut penser au tri.

Nos emballages dans le bac jaune à la maison ne représentent que 20% des déchets d'emballages de la France. Le reste fait partie de ce que l'on appelle nos déchets industriels : ceux de nos entreprises, de nos bureaux, de chaînes de fast food, de vêtements, etc. Ce sont surtout des films plastiques qui entourent les palettes de nos plateformes logistiques, des centres Amazon ou encore de nos supermarchés. Bien les trier et les traiter au boulot, dans la rue, au restaurant, ça compte donc aussi pour améliorer leur recyclage.

2% de déchets partent à l'export

Parmi ces déchets comme pour ceux de nos bacs jaunes une petite partie partent à l'export pour recyclage expliquent en choeur les professionnels et Citéo, l'éco-organisme qui gère nos emballages. Cela fait quand même plusieurs centaines de milliers de tonnes par an ! Mais est-ce qu’ils sont envoyés à l’étranger pour s’en débarrasser ? La semaine dernière, une société d'import-export basée près de Toulouse a écopé d'une amende de 192 000 euros après avoir envoyé des containers de plastiques en Malaisie dans une entreprise qui n’avait visiblement pas la capacité de les traiter. Depuis que la Chine a fermé ses usines en janvier 2018, c’est la panique sur le marché mondial du recyclage. Et ses voisins asiatiques se sont retrouvés avec d’énormes flux à traiter. Aujourd’hui, ils renvoient à leur tour des dizaines de containers vers les pays développés : Europe, États-Unis, Canada. Envoyer des déchets à l’étranger pour s’en débarrasser et pas pour les recycler correctement devient donc une pratique visible aujourd’hui.

La fermeture de la Chine booste l'innovation en France

Il ne faut pas croire que tous nos déchets sont envoyés vers des pays à faible coût de main-d'oeuvre pour autant. En particulier le PET de nos bouteilles plastiques qui est très rentable et plutôt broyé et recyclé en France ou en Europe dans d'autres bouteilles ou d'autres objets en plastique. En revanche, sur les autres plastiques comme les films c’est moins rentable, sauf pour la société Machaon, à Chalon-en-Champagne, qui a créé une usine de recyclage des films plastiques mous, qu’elle transforme en petites billes de couleur grise, parfaites pour refaire des sacs poubelles. Elle vient d'ouvrir une deuxième ligne de production et espère que ses billes plastiques trouveront encore plus de demandeurs notamment si les marques sont incitées à mettre plus de plastique recyclé dans leurs emballages par la future loi contre le gaspillage. Cela ne veut pas dire non plus qu'elles ne partiront plus vers l'Asie mais cette fois ce sera sous forme de matières valorisables et plus de déchets.

Des bouteilles en plastique dans une déchetterie à Clermont-Ferrand (Puy-de Dôme). Photo d\'illustration.
Des bouteilles en plastique dans une déchetterie à Clermont-Ferrand (Puy-de Dôme). Photo d'illustration. (EMMANUEL MOREAU / FRANCE-BLEU PAYS D’AUVERGNE / RADIO FRANCE)