La Malaisie refuse de devenir "la décharge du monde" (et va retourner à l'envoyeur des centaines de tonnes de déchets en plastique)

Le pays va renvoyer 3 000 tonnes de déchets en plastique dans leurs pays d'origine, notamment en France et aux Etats-Unis.

La ministre de l\'Environnement malaisienne, Yeo Bee Yin, dans un dépôt de Port Klang, dans la banlieue de Kuala Lumpur (Malaisie). 
La ministre de l'Environnement malaisienne, Yeo Bee Yin, dans un dépôt de Port Klang, dans la banlieue de Kuala Lumpur (Malaisie).  (ADLI GHAZALI / ANADOLU AGENCY / AFP)

La Malaisie ne veut plus servir de décharge au monde entier. Le pays va retourner à l'envoyeur des centaines de tonnes de déchets en plastique, notamment en France et aux Etats-Unis, a déclaré mardi 28 mai la ministre de l'Environnement, Yeo Bee Yin. Environ 300 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF). Et l'essentiel finit dans des décharges ou dans les océans, générant une pollution que la communauté internationale est actuellement incapable de gérer.

La Chine ayant décidé de refuser les arrivages de déchets en plastique l'an dernier, la Malaisie a pris le relais et des usines de recyclage ont vu le jour par dizaines. Beaucoup fonctionnent sans licence d'exploitation avec des conséquences néfastes pour les riverains. Le plastique impropre au recyclage est brûlé, ce qui libère des produits chimiques toxiques dans l'atmosphère, ou bien il finit dans des centres d'enfouissement, ce qui peut contaminer le sol et les nappes phréatiques.

 "Nous ne nous laisserons pas intimider"

Dans ce contexte, 60 conteneurs d'ordures importés illégalement seront retournés à l'envoyeur, a déclaré mardi 28 mai la ministre de l'Energie, de la Technologie, de la Science, de l'Environnement et du Changement climatique, Yeo Bee Yin. "Ces conteneurs ont été introduits illégalement dans le pays avec de fausses déclarations entre autres infractions, en violation patente de notre législation sur l'environnement", a déclaré la ministre après une visite à Port Klang, dans la banlieue de la capitale, Kuala Lumpur. 

"Nous demandons instamment aux pays développés de revoir leur gestion des déchets en plastique et de cesser d'expédier des déchets vers les pays en développement", a-t-elle ajouté. "La Malaisie ne sera pas la décharge du monde", a dit la ministre. Et d'ajouter : "Nous ne nous laisserons pas intimider par les pays développés." 

Quatorze pays sont concernés par ces retours à l'envoyeur, notamment les États-Unis, le Japon, la France, le Canada, l'Australie et la Grande-Bretagne. Cinq conteneurs de déchets en plastique contaminés ont été renvoyés à l'Espagne.