Environnement : bientôt le point de non-retour pour la forêt amazonienne

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La forêt amazonienne pourrait se transformer en savane plus rapidement que prévu. C’est la conclusion d’une étude menée à partir d’images satellite.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Un feu dans la région de Nova Bandeirantes au Brésil dans la forêt amazonienne vue par satellite, le 21 août 2019. (HANDOUT / ? 2019 PLANET LABS, INC via AFP)

Des chercheurs britanniques et allemands, ont épluché les images satellite de la forêt amazonienne sur les 25 dernières années. Avec des modèles mathématiques, ils ont analysé la masse vivante de cette forêt tropicale : l’humidité au sol, l’état des feuilles au sommet des arbres, leur couleur, leur densité, etc. Autant d'informations qui donnent une idée de son activité de photosynthèse et de la santé globale de ce poumon du monde.

Malheureusement les chercheurs ont constaté que la résilience de la forêt amazonienne, autrement dit sa capacité à se régénérer après des épisodes de sécheresse ou d’incendie, est en déclin sur trois quarts de sa surface. Alors que certains modèles estimaient que la forêt amazonienne pourrait dépérir à partir de 2050 ou 2060, selon eux le début du processus de transformation en savane pourrait survenir bien avant. Ces travaux viennent d'être publiés dans la revue Nature Climate Change.

La forêt amazonienne est mal en point plus tôt que prévu à cause de l’effet cumulé du réchauffement climatique et de la déforestation. Les incendies de forêt, les kilomètres carrés défrichés pour laisser la place à des troupeaux de bovins ou à des routes fragilise la capacité de la forêt à s’auto-entretenir et à réguler son humidité notamment. L’étude ne permet pas de prédire la date de ce point de basculement, mais quand le début de la transformation sera détecté, il sera déjà trop tard pour l’arrêter, estiment ces chercheurs.

Il y a urgence à agir

En quelques décennies la plus grande forêt tropicale du monde pourrait se transformer en une immense prairie sèche. Cela aurait des conséquences très lourdes, à l’échelle mondiale avec quelque 90 milliards de tonnes de CO2 relâché dans l’atmosphère, soit deux fois les émissions annuelles mondiales actuelles. Cela accentuerait le rechauffement. Le cycle des pluies serait également perturbé, avec des conséquences sur la production agricole du continent sud-américain. 

Il serait alors très compliqué voire impossible de revenir en arrière. D'où l'urgence à agir. Rappelons qu' à cause de la déforestation, la forêt amazonienne a encore perdu l'année dernière 13 200 km carrés, c'est plus que la superficie de l'Île-de-France, et c’est du jamais vu en 15 ans.

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