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Covid-19 : recréer la bulle de silence du confinement

Si l’on craint un reconfinement généralisé, il y a pourtant une chose que beaucoup ont apprécié pendant cette période : c’est le calme. Des chercheurs et des entreprises travaillent pour tenter de recréer des bulles de silence.

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L\'avenue des Champs-Elysées à Paris, le 22 mars 2020, sixième jour du confinement en réaction à la pandemie de Covid-19. 
L'avenue des Champs-Elysées à Paris, le 22 mars 2020, sixième jour du confinement en réaction à la pandemie de Covid-19.  (PHILIPPE LABROSSE / HANS LUCAS / AFP)
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Les chercheurs en sciences de la Terre appellent le confinement "l’anthropause", le moment où les bruits humains se sont mis en pause. Les sismologues ont pu entendre la Terre bouger comme jamais auparavant. Même en ville, le calme a marqué les esprits. Selon une enquête du centre d’information sur le bruit : 57% des citadins interrogés y sont devenus plus sensibles. 

Les effets sanitaires du bruit

Les bruits ont évidemment des effets sur l’ouïe et comme le coronavirus peut nous faire perdre le goût et l’odorat, on va tenter de la préserver. Les personnes exposées a des milieux sonores agressifs perdent leur acuité auditive plus tôt que les autres. Un quart dès 30 ans, surtout s’ils ont souvent un casque avec de la musique très forte sur les oreilles. Mais le bruit provoque aussi du stress, des insomnies et donc peut avoir des effets cardio-vasculaires. 

Des villes silencieuses

Des chercheurs du CNRS et de Mines Telecom ont capté dès le mois de mars le calme du confinement dans des dizaines de villes dans le monde. Leur projet s'appelle Silent cities et sert aujourd’hui à modéliser ce qui réduit les bruits et du coup à mieux aménager la ville. Par exemple en changeant certains horaires de travail, le bruit s'étale sur la journée et se réduit, mettre des pistes cyclables dans certaines rues plutôt que dans d’autres permet de limiter le raisonnement des moteurs et des klaxons, enfin cela permet aussi de tester la différence sonore avec les moteurs électriques, beaucoup plus silencieux.  

Des bulles de silence

Plusieurs sociétés travaillent sur des revêtements routiers moins bruyants ou des bâtiments qui absorbent le bruit, et certaines entreprises créent même des bulles de silence. Grâce à des boîtiers placés dans la pièce : comme le bruit est une onde, des hauts parleurs qui se trouvent dans ces boîtiers envoient une onde inverse pour neutraliser le son. Quand ça marche c’est bien mais quand ça ne marche pas cela crée des interférences désagréables. Aujourd’hui, la société Silentium travaille sur une bulle de silence qui vous promet de couper 90% des sons extérieurs.

L\'avenue des Champs-Elysées à Paris, le 22 mars 2020, sixième jour du confinement en réaction à la pandemie de Covid-19. 
L'avenue des Champs-Elysées à Paris, le 22 mars 2020, sixième jour du confinement en réaction à la pandemie de Covid-19.  (PHILIPPE LABROSSE / HANS LUCAS / AFP)