Catastrophes naturelles : pourquoi ne peut-on pas prédire les séismes ?

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Le séisme qui a frappé l’Afghanistan mercredi 22 juin a fait au moins 1 000 morts, plus de 1 500 blessés. Malgré les progrès de la science, ce genre de catastrophe reste difficile à prévenir.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des maisons endommagées après un tremblement de terre dans le district de Gayan, en Afghanistan, le 22 juin 2022. (AFP)

Les séismes s’expliquent par le fait que notre planète est recouverte de plaques qui peuvent se frotter, ou s'écarter. Les tremblements de terre surviennent donc en général à la limite de ces plaques, à proximité des failles. Mais il est compliqué de prédire à quel moment ces mouvements – à force de tension et d'énergie accumulée – finissent par créer un tremblement terre.

On peut établir des probabilités, à partir de l’activité sismique. Dire par exemple qu'il y a 20% de risque qu’un séisme de magnitude 7,5 se produise en Californie dans les 30 prochaines années. Mais on ne peut donc pas prévoir ces tremblements de terre au jour près comme on prévoit la météo.

En revanche, on peut tenter de gagner du temps en donnant l’alerte le plus tôt possible. Les scientifiques y travaillent car si un séisme survient sur la faille de San Andreas en Californie, il y aura par exemple quelques minutes de délai avant que la terre ne se mette à trembler à San Francisco ou Los Angeles. Or ce sont des secondes précieuses pour permettre d'alerter la population, de couper l’électricité sur un réseau haute tension, d'arrêter éventuellement des trains ou des réacteurs nucléaires. À l’avenir, les innovations scientifiques devraient permettre de donner l’alerte encore un peu plus tôt.

Des pistes de recherches prometteuses

Plusieurs pistes sont à l'étude, explique Yann Klinger, sismologue à l'institut de physique du globe et au CNRS. Certains scientifiques travaillent d’abord sur la déformation des failles en temps réel. En les scrutant de près, grâce à des GPS, il pourrait être possible de détecter des signes annonciateurs d’un séisme. D’autres équipes étudient le déplacement des ondes gravitationnelles. Ces ondes apparaissent lorsque d’importantes masses de la croûte terrestre sont en mouvement. Elles ont l'avantage de se déplacer plus vite que les ondes de surface et pourraient donc permettre à l’avenir, d'alerter sur le début d’un séisme quasiment en temps réel.

Enfin, d’autres chercheurs, des Français notamment, misent sur l’intelligence artificielle pour mieux comprendre le cycle des tremblements de terre. À partir des données des sismomètres, l'idée est de pouvoir apprendre à des machines à repérer d'éventuelles secousses particulières juste avant les séismes. Tout cela est prometteur mais encore expérimental.

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