Avoir grandi à la campagne favorise un meilleur sens de l’orientation

écouter (3min)

Les rues, les routes, les paysages de notre enfance nous marquent plus qu’on ne le pense. Ils influencent même notre sens de l’orientation à l’âge adulte, indique une étude du CNRS.

Article rédigé par
Anne Le Gall - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Une carte routière. (DOUCHET / MAXPPP)

Avoir grandi en milieu rural peut être plutôt un avantage pour le sens de l'orientation. D'après une étude franco-britannique menée avec le CNRS de Lyon auprès de 400 000 personnes dans 38 pays, ceux qui ont passé leur enfance à la campagne sont plus doués pour lire une carte, se repérer dans l'espace ou retenir un itinéraire. Ensuite, parmi les citadins, il existe également une différence entre les natifs des villes aux rues sinueuses et irrégulières, comme en Europe ou en Asie, et ceux qui ont grandi dans des villes à l’américaine, avec des rues rectilignes qui se coupent à angle droit. Ces derniers sont moins performants pour s’orienter de façon générale. Ces travaux de recherche viennent d'être publiés dans la revue Nature
 
Les chercheurs ont utilisé un jeu vidéo d’orientation. Une sorte de chasse au trésor virtuelle avec des cartes à lire et des balises à retrouver dans un parcours. Pour Antoine Coutrot, chercheur en sciences cognitives au CNRS de Lyon, le sens de l'orientation, c'est un peu comme l'apprentissage des langues étrangères, plus il est entraîné tôt, plus il est performant à l'âge adulte. Or, ceux qui ont vécu à la campagne sont en général amenés plus tôt à se déplacer sur de grandes distances au quotidien. Ce qui stimule leurs capacités à se repérer dans l’espace. Même chose quand il s'agit de s'orienter dans un réseau de rues irrégulier, cela demande plus d’effort à notre cerveau.

Pas de différence hommes-femmes

D’autres facteurs influencent le sens de l’orientation. On perd ses capacités d’orientation avec l’âge – c’est clairement démontré, même si on peut toujours les entraîner en ayant la curiosité de tester de nouveaux itinéraires.

En revanche, on va tout de suite couper court aux clichés : non, les hommes ne sont pas meilleurs en orientation que les femmes. En fait, cela ne n’arrive que dans les pays dans lesquels l’égalité homme-femme laisse à désirer. C'est ce qu'a montré cette même équipe de chercheurs dans une autre étude qui date de 2018. Évidemment, moins les femmes ont de droits, moins elles sont autonomes pour s'orienter, car la science montre par exemple que le fait de conduire stimule la capacité à se repérer dans l'espace. Le fait d'avoir fait des études également. Mais à droits égaux, les capacités d'orientation sont équivalentes. Le prochain défi pour ces chercheurs du CNRS  sera d’ étudier le lien entre sommeil et sens de l'orientation.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.