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Alimentation : quel goût aura la bière dans 50 ans ?

Un brasseur américain vient de lancer une bière au goût du futur. Il a conçu une recette expérimentale pour voir quel sera l’impact du changement climatique sur son produit. Les scientifiques prévoient en effet un bouleversement de nos productions agricoles dans un climat plus chaud.

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Un verre de bière. Photo d\'illustration.
Un verre de bière. Photo d'illustration. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Vous avez peut-être profité du retour des terrasses pour boire un petit verre de vin ou une bière... Mais que vont devenir ces boissons dans 50 ans, avec le changement climatique ? Les recherches sur le sujet intéressent beaucoup leurs producteurs.  À commencer par l’entreprise américaine New Belgium qui vient de lancer une bière appelée Torched Earth (Terre Brûlée), conçue à partir d’une recette expérimentale. L'idée a germé dans la tête de son responsable de l’innovation pour savoir que va devenir sa "Fat Tire", son produit phare, si le changement climatique n’est pas ralenti. Les sécheresses, les inondations vont frapper de plus en plus souvent les lieux de production de ses ingrédients comme le houblon ou le malt, c’est pourquoi il a conçu cette bière du futur. 

Le brasseur expliqué au magazine Forbes qu’il a utilisé des extraits de synthèse de malt et de houblon plutôt que du frais, des pissenlits. Il a même pris une eau au goût fumé et non purifiée. Si bien que certains amateurs la qualifient de "dégueulasse". Mais c’est exactement le résultat que voulait obtenir le fabricant qui n’a pas cherché à faire la meilleure bière du monde mais plutôt à éveiller les consciences et à se démarquer de ses concurrents pour parler de ses efforts pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Il veut aussi éveiller les grandes entreprises pour qu'elles comprennent l'impact que le climat aura sur leur production. Attention : un rapport de l’OCDE nous apprend que la consommation d’alcool au-delà d’un verre par jour va nous faire perdre en moyenne un an d’espérance de vie d’ici 2050.

Une cuvée 2050 de Bordeaux 

L'œnologue et biologiste Pascal Chatonnet a réalisé, il y a déjà trois ans, une cuvée de vin de Bordeaux spéciale 2050 sur une idée du journaliste Valéry Laramée de Tannenberg. Là aussi, pour montrer l’impact du climat sur le taux de sucre et le goût du vin. Il a créé un assemblage avec les cépages du Bordelais mais qui ont poussé dans des régions plus chaudes comme le Languedoc et la Tunisie. Ça ressemble plus à de la sangria qu’à du Bordeaux.

Cette expérience a aussi pour but de pousser aux efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et faire comprendre l'impact concret du changement climatique dans nos assiettes et nos verres. La profession viticole cherche à s’adapter en faisant poussant des vignes plus en hauteur ou dans des régions plus septentrionales comme le Royaume-Uni ou encore au Canada. Il faut dire que le rapport sur les sols publié il y a deux ans, par les scientifiques du Giec montrent qu'au-delà de 2°C de réchauffement, les zones de grandes cultures seront complètement bouleversées. Ils précisent que 3% seulement des zones du globe vont profiter de meilleures conditions pour faire pousser notre alimentation avec le réchauffement. Elles se trouvent principalement au Canada, en Norvège et en Russie. En Russie, où il fait plus de 30°C.  

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, consommez avec modération.

Un verre de bière. Photo d\'illustration.
Un verre de bière. Photo d'illustration. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)