Le billet sciences du week-end, France info

Le billet sciences du week-end. Le 1er Mai du futur : la fête des robots ?

D’ici 20 ans, on estime que la moitié des emplois en France pourraient être automatisés. La transition digitale devient omniprésente dans le marché du travail. Mais jusqu’où ? À quoi ressembleront nos métiers du futur ?

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Un garçon de 4 ans et son casque de cosmonaute. Les générations à venir connaîtront un monde de l\'emploi très automatisé. (Illustration)
Un garçon de 4 ans et son casque de cosmonaute. Les générations à venir connaîtront un monde de l'emploi très automatisé. (Illustration) (CATHERINE DELAHAYE / DIGITAL VISION / GETTY IMAGES)

La crise sanitaire montre depuis un an le potentiel du numérique dans le monde professionnel. Le télétravail fait désormais partie de notre quotidien, et cela pourrait bien durer. Salariés et employeurs y trouveront des avantages, comme la réduction des temps de transport, mais aussi des inconvénients, tel que le manque de convivialité. Un compromis entre présentiel et distanciel est donc envisageable.

Smartphone et ordinateur portable. Travailler entre présentiel et distanciel, une évolution technologique accélérée par la pandémie. (Illustration)
Smartphone et ordinateur portable. Travailler entre présentiel et distanciel, une évolution technologique accélérée par la pandémie. (Illustration) (YIU YU HOI / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Un marché de l’emploi automatisé

Le numérique prend de plus en plus de place. Il sera même amené à jouer un rôle encore plus important sur le futur marché de l’emploi. On estime actuellement que 50% des emplois pourraient être automatisés dans les 20 prochaines années. Les automates remplaceraient les personnels de caisse. Les voitures autonomes pourraient concurrencer les chauffeurs. 

Les tâches pénibles et répétitives, comme la manutention, le magasinage ou le travail à la chaîne, pourraient être effectuées par des machines, et les fonctions à haute qualification sont aussi concernées. Ainsi, depuis 15 ans, 50 000 traders ont disparu à Wall Street, remplacés par l’intelligence artificielle. En revanche, les métiers d’aide à la personne, irremplaçables par des machines, seront en nette progression, et les compétences relationnelles et sociales auront le vent en poupe. Avec l’automatisation, adieu les files d’attente à la poste ou aux guichets de l’administration.

Cette transition digitale s’organise en trois grands piliers selon Isabelle Rouhan, directrice de l’Observatoire des métiers du futur :

"Premier type : des métiers en évolution, qui existent déjà, qui se transforment du fait du digital et de l’automatisation. Ça va être l’avocat augmenté, qui est déchargé de ses tâches répétitives.
Deuxième type : les univers en révolution, dont la révolution du management du fait des neurosciences. Mieux comprendre le cerveau peut nous aider à mieux manager et à prendre en compte les émotions.
Et enfin, les métiers d’innovation radicale : l’éducateur de robots, ou l’éducateur d’algorithmes, tout ce qui est lié à la cybersécurité, à l’éthique de l’intelligence artificielle."

Une cité futuriste. (Illustration)
Une cité futuriste. (Illustration) (ANDRIY ONUFRIYENKO / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

Une révolution créatrice d’emplois

Selon Eurostat, le service de statistiques de la Commission européenne, la révolution digitale ferait perdre 6 millions d’emplois en Europe d’ici 2025. Mais bonne nouvelle : le numérique en générera aussi 15 millions.

De nombreux métiers du futur n’existent donc pas encore. Les directeurs et directrices des ressources humaines deviendront des responsables de bonheur en entreprise, les éleveurs d’insectes enrichiront notre alimentation. Les robots domestiques seront domptés par des enseignants d’un nouveau genre.

L’apparition de nouvelles possibilités professionnelles s’accompagnera aussi d’une formation plus importante. Aujourd’hui, un jeune qui entre sur le marché du travail se reconvertira entre 6 et 9 fois dans sa carrière.

Vers une réduction du temps de travail ? 

En automatisant certaines tâches chronophages avec des salariés robots, nous pourrions aussi réduire le temps de travail des employés, humains, eux.

L’idée est déjà défendue depuis 30 ans par de nombreuses personnalités politiques, comme le député européen Pierre Larrouturou. Le fondateur du parti Nouvelle Donne prône un passage à la semaine de quatre jours.

Quand l’entreprise passe à quatre jours, si elle créait 10% d’emplois en CDI, elle arrêterait de payer les cotisations chômage. Et c’est comme ça qu’il y a déjà 400 entreprises qui sont passées à 4 jours. On estime qu’on pourrait créer 1,6 million d’emplois et vivre mieux.

Pierre Larrouturou, député européen, fondateur du parti Nouvelle Donne

Les milliers de jeunes inscrits sur Parcoursup ont donc des raisons d'espérer car des passerelles vers des nouveaux métiers passionnants vont s’ouvrir avec le numérique et l’intelligence artificielle, acteurs de cette quatrième révolution industrielle.

Ecoutez l'interview intégrale d’Isabelle Rouhan, directrice de l’Observatoire des métiers du futur et auteure de Les métiers du futur paru aux Éditions First.

Un garçon de 4 ans et son casque de cosmonaute. Les générations à venir connaîtront un monde de l\'emploi très automatisé. (Illustration)
Un garçon de 4 ans et son casque de cosmonaute. Les générations à venir connaîtront un monde de l'emploi très automatisé. (Illustration) (CATHERINE DELAHAYE / DIGITAL VISION / GETTY IMAGES)