L'interview politique, France info

Le retour du procès en angélisme contre la gauche

Les violences au Trocadéro se sont transformées ce mardi en bataille politique. Cela a tiré un peu dans tous les sens, mais d'abord sur Manuel Valls. La droite a fait, depuis plusieurs mois, du ministre de l'Intérieur, l'une de ses cibles. Manuel Valls a deux gros défauts pour l'UMP : il est populaire et il affiche une fermeté qui peut séduire au-delà de la gauche.

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Petit florilège des appels à la démission à peine voilé avec,
dans l'ordre, l'UMP David Douillet, l'UDI Hervé Morin, l'UMP Eric Ciotti et
l'ancien Président de l'assemblée nationale Bernard Accoyer : "Il faut
que des décisions soient prises au plus haut niveau" ; "la
responsabilité d'un ministre est par nature engagée" ; "il aura du
mal à faire croire qu'il n'a aucune responsabilité dans ce qui s'est
passé" ; "on ne peut se faire le rapprochement avec la manif pour
tous où il y avait 10 CRS pour trois poussettes".

Dans ce panel d'attaque, celui qui est allé le plus loin est
le député UMP Patrick Balkany qui soupçonne le gouvernement de vouloir
instrumentaliser la rue :

"Ils ne cherchent qu'à se maintenir en faisant monter
les extrêmes".

Jean-François Copé, le patron de l'UMP, demande la démission
de Manuel Valls si le préfet de Paris reste en place. Manuel Valls, lui, se
défend par l'attaque. Mardi, dans l'arène de l'Assemblée nationale, le ministre
de l'Intérieur s'en est pris frontalement à la droite :

"L'ordre a changé de camp : vous êtes pour le désordre.
Ici, c'est l'ordre républicain!"

Dans les couloirs, les députés socialistes ont assuré le
service après-vente et crié en cœur à la manipulation politique. C'est de bonne
guerre. "Il y a une instrumentation politique par l'UMP" ;
"il est devenu trop populaire et est une cible trop évidente pour
l'UMP" ; "ils vont vouloir faire du Valls'bashing" ; "on a
là des attitudes faciles et minables".

Mais il n'y a pas que Manuel Valls qui est mis en cause par
la droite. François Hollande est au plus mal dans les sondages et les
faiblesses du gouvernement sont régulièrement soulignées, y compris par la
gauche. Dans cette ambiance, le député Thierry Mariani attaque tous azimuts :

"Il y a les belles déclarations mais les actes, ce
n'est pas dans le même sens".

C'est donc le retour du procès en angélisme contre la gauche.
Manuel Valls peut expulser des Roms comme le faisait Nicolas Sarkozy mais cela
ne suffit pas aux yeux de la droite. Et puisque l'on est dans une bataille politique,
il y a aussi ceux qui, dans ce dossier, ont de grosses arrière-pensées. C'est
le cas de François Rebsamen. Le Président des sénateurs socialistes aurait bien
voulu être ministre de l'Intérieur à la place du ministre et il le veut
toujours. C'est pour cela qu'il s'est permis de donner, hier, quelques conseils
à Manuel Valls :

"Il aurait mieux valu faire cela au Parc des
Princes".

Des remarques aussitôt exploitées par la droite et,
notamment par Nathalie Kosciusko-Morizet. La député UMP et candidate pour la
mairie de Paris a dénoncé, non sans arrière-pensées elle-aussi, les violences
dans la capitale :

"On a besoin de réponses précises parce que les scènes
que l'on a vues ne sont pas acceptables".

Moralité : après des émeutes et des incidents, les
politiques se tapent toujours dessus.

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