L'interview politique, France info

Le frondeur socialiste, cet inconnu

La suite du feuilleton au PS : cette fois, nous y sommes, les frondeurs affrontent Manuel Valls ce matin. Le Premier ministre se rend à 10h30 devant le groupe socialiste à l'Assemblée nationale, pour faire voter en interne les amendements au débat budgétaire. L'idée est de faire plier les "frondeurs". Portrait-robot de ces derniers.

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(© RF)

Définition du Petit Robert  : "frondeur, personne qui critique sans retenue ni déférence l’autorité, le gouvernement, les règlements, et qui est portée à la contradiction, à l’opposition". Ce n’est pas moi qui le dis, mais le dictionnaire. L’appellation hérisse certains responsables de gauche. Pour Cécile Duflot, ceux que la direction du PS - et les journaux - désignent par ce sobriquet, "frondeurs", ne sont pas de dangereux révolutionnaires, mais des parlementaires posés, réfléchis, qui effectuent un travail de fond, de conviction, et formulent des propositions conformes aux promesses de 2012.

L’ancienne ministre verte est dans le vrai : Jean-Marc Germain et Laurent Baumel ne veulent pas le grand soir. Mais leur attitude jusqu’au-boutiste est jugée "infantile" au sein de l’exécutif, qui exige de la discipline dans les rangs, le moment est trop grave. Et les contre-propositions formulées par le groupe des 41ou le collectif de l’Appel des 100, appelez-les comme vous le voulez, largement relayées dans les médias, ne sont évidemment pas les bienvenues.

Combien de divisions 

Leur nombre est estimé entre trente et quarante, sur 290, par la direction du groupe. Ce qui est beaucoup, et peu à la fois. Les députés rebelles souhaitent déposer une vingtaine d’amendements, donner moins aux entreprises, plus aux ménages. Et un coup de pouce à la consommation. Tout est une question de curseur entre l’offre et la demande.

 

Manuel Valls vient ce mardi matin devant le groupe socialiste, pour faire adopter une position commune avant les débats budgétaires. Les frondeurs sont invités à présenter leurs amendements dans ce cadre-là, et pas dans l’hémicycle, avec leurs nouveaux copains et copines communistes et verts.  Vous vous rappelez ce que le Premier ministre a répondu à Jean Leymarie hier matin sur France Info : "Je suis toujours ouvert au dialogue, mais pas pour remettre en cause à la fois le soutien aux entreprises, les baisses d’impôts pour les classes moyennes et les couches populaires ". En clair : vous pouvez venir discuter avec moi, mais j’ai déjà lâché du lest. Impossible d’aller plus loin, il faut faire 50 milliards d’euros d’économies, et basta. 

De l’intimidation

Clairement oui : Manuel Valls teste la détermination des frondeurs. Vous faites les malins, mais est-ce que vous oserez agir pendant les séances de nuit, à l’encontre du gouvernement et du PS ? Le Premier ministre veut les contraindre, sans les humilier. La réunion de ce matin sera déterminante pour la suite. Soit les députés socialistes se rabibochent, soit le groupe se fissure. Et François Hollande aura du mal à imposer ses réformes d’ici à la fin du quinquennat. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

(© RF)