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La recette anti-couac du gouvernement

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Après les couacs de ces derniers mois, qui ont fait la une de l'actualité, l'Elysée, Matignon et les parlementaires socialistes ont mis en place un nouveau dispositif de travail censé les éviter. Alors que cela va un peu mieux, les écologistes jouent les trouble-fête.
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Radio France
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C'est l'histoire du Vert à moitié content ou à moitié en
colère. Les députés écolos n'ont pas voté la loi sur l'enseignement supérieur
et samedi dernier, le conseil fédéral d'Europe-Ecologie a réclamé au gouvernement
un changement de cap.

Le pouvoir socialiste a snobé son allié quand il a décidé
d'améliorer son dispositif de travail. Certes, il fallait bien commencer
quelque part. François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont d'abord voulu
fluidifier les relations au sein de leur propre parti, trop silencieux ou trop
turbulent selon les circonstances. C'est chose faite avec une réunion tous les
lundis en fin d'après-midi.

Un vrai lieu d'échange, de débat

La première de ces réunions remonte à mi-avril. Le Premier
ministre reçoit les ministres les plus influents et les plus hauts responsables
du PS. Jean-Marc Ayrault, qui avait auparavant modifié du plancher au plafond
son pôle communication, conduit la discussion et tranche.

C'est le patron, un chef de la majorité plus serein qu'il y a
quelques mois, le président l'a conforté, un chef qui ne se prend plus des coups
de poignard dans le dos tous les jours. Autre nouveauté, Jean-Marc Ayrault voit
désormais régulièrement les parlementaires.

Un système d'organisation efficace mais encore fragile souligne
le député Thierry Mandon : "Cela marche mieux. Le Premier ministre
vient à toutes les réunions de groupe, ainsi que le premier secrétaire du
parti. On peut évoquer les questions de fonds avant même qu'elles donnent lieu
à des projets de loi. Il y a une vraie volonté d'écoute et donc les relations
sont un peu plus chaleureuses. C'est très fragile parce que tout récent. Il
faut voir si dans la durée et confronté à des textes importants qui sont
programmés, cet état d'esprit nouveau va perdurer.
"

Eviter les mésaventures et les contestations

Cela donnerait presque l'impression d'une majorité au
garde-à-vous, une seule tête, rien ne dépasse. C'est sans doute le prix à payer
pour réussir estime le député Jean-Marie Le Guen. "A gauche nous
gagnerons ou nous perdrons ensemble. Chacun a compris quelle est l'orientation
du président de la République et j'invite la majorité à assumer cette
orientation. Certains peuvent être un peu frustrés mais la politique ce n'est
pas ce que l'on imagine, c'est ce que l'on fait. Il faut assumer ce que nous
sommes.
"

Une critique mezza voce

Et cette orientation, c'est une ligne social-démocrate
réformiste qui n'est pas du goût de certains au PS.

Mais on leur demande gentiment aujourd'hui de critiquer
mezza voce. Tout se passait bien jusqu'à ce que les Verts pointent leur nez et
disent "ça suffit". Ils font entendre leur différence depuis ce
week-end sans pour autant rompre le pacte majoritaire. Et ils veulent être
entendus, l'approche des élections municipales aiguisent les appétits. Barbara
Pompili, co-présidente du groupe écologiste à l'Assemblée : "L'appel
que l'on fait au Parti socialiste depuis très longtemps c'est de leur dire qu'ils
ne sont pas seuls dans la majorité. On ne gouverne pas bien seul. L'important c'est
de se nourrir des différences et des cultures différentes de la majorité.
"

Cette dernière info concernant un éventuel accord PS-FN dans
le Vaucluse pour faire élire Marion Maréchal-Le Pen...Histoire révélée par L'Express . "C'est complètement farfelu, aucun élément
crédible, aucune collusion" selon un haut responsable du PS que nous avons
joint au téléphone.

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