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Hollande-Merkel, un couple, deux Europe

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Le couple franco-allemand va célébrer ce 9 mai, journée de l'Europe, sur fond de défiance.
Article rédigé par
Radio France
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C'est un étrange rendez-vous
auquel François Hollande est convié ce soir et demain à Stralsund, au bord de la mer Baltique, dans le fief
électoral d'Angela Merkel.

Il y a d'abord le geste, amical, rares sont les personnalités qui y sont conviées. C'est cadeau.

Et puis il y a le contexte,
plus difficile : la relation entre le président et la Chancelière n'est
pas franchement au beau fixe. Elle ne l'a jamais été. Et ce moment de
retrouvailles dans un cadre plus intime que Paris ou Berlin est censé
réchauffer les cœurs.

Cela fait penser à ces
couples mariés, qui ne se supportent plus, et s'offrent un petit voyage
bucolique pour essayer de se rabibocher. Ça ne réussit pas toujours. En fait,
ça ne marche presque jamais.

Le couple en question va tout de même cultiver le
symbole...

Ils vont tous deux s'efforcer
de sourire, en bateau sur la Baltique ou devant une choucroute, c'est si
romantique.

Mais nous sommes loin, très
loin des figures historiques De Gaulle-Adenauer, Giscard-Schmidt ou Mitterrand-Kohl.

Les intérêts nationaux ont
aujourd'hui repris le dessus, faisant presque oublier le rêve des pères fondateurs.

François Hollande et Angela
Merkel, europhiles convaincus, devraient faire front face à la menace de voir
se constituer après les élections du 25 mai un vaste groupe d'extrême-droite au
parlement de Strasbourg. Mais cette solidarité ne réussira pas à masquer
l'essentiel.

Chacun défend son champion ?

Et deux conceptions
économiques et sociales. C'est aussi simple que ça : PSE contre PPE.
François Hollande soutient la candidature à la présidence de la commission du
socialiste allemand Martin Schulz. Et Angela Merkel veut voir le libéral
luxembourgeois Jean-Claude Junker succéder à José Manuel Barroso. Deux visions
s'affrontent, même si à y regarder de plus près, les deux prétendants ne sont pas
si éloignés que veulent le prétendre nos responsables politiques
hexagonaux : Schulz et Junker défendent mordicus la règle des 3%. Quant
aux sociaux-démocrates allemands, ils participent au gouvernement de Mme
Merkel, leur leader Sigmar Gabriel étant à la fois ministre de l'économie et
vice-chancelier. Un modèle impensable chez nous...

François Hollande est mal vu en Allemagne ?

La presse outre-Rhin est
sévère, sur son bilan, sur ses réformes. La France fait figure de mauvais
élève, de maillon faible du couple. Nous n'en sortons pas. Restent les sujets
fédérateurs, ceux qui ne fâchent pas et seront mis en avant : la montée des
populismes au sein de l'Union, François Hollande s'est clairement exprimé sur
la question dans sa tribune  dans Le Monde , mais aussi l'Ukraine au bord
de la guerre civile. Autant essayer de faire bonne figure à deux semaines du
vote, et de redonner un peu de cohésion et de lustre à cette Europe qui déçoit
plus qu'elle ne rassure.

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