L'interview politique, France info

Après la conférence de presse, de la "câlino-thérapie" ?

L'évènement aujourd'hui ne sera peut-être pas à l'Elysée, lors de la conférence de presse de François Hollande mais, un peu plus loin à Paris, où vont se réunir les parlementaires socialistes.

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Députés et sénateurs vont se
rassembler pour regarder François Hollande répondre de sa première année à
l'Elysée. Ensuite, le chef de l'Etat leur rendra visite. Depuis quelques
semaines déjà, le chef de l'Etat reçoit des parlementaires à l'Elysée en petit
comité. Mais, ce soir, il fera les choses en grand et sans s'en cacher ce qui
rappelle tout de suite l'un de ses engagements de campagne :

"Moi, président de la
République, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l'Elysée."

A l'UMP, on se souvient très
bien de cette phrase lors du débat d'entre deux tours face à Nicolas Sarkozy.
Le député des Hauts de Seine Patrick Ollier :

"Ce n'est pas la
première promesse de monsieur Hollande qui n'est pas respecté".

On pourrait presque se
demander si François Hollande ne fait pas exprès de chercher ces réactions-là
et de provoquer les comparaisons avec son prédécesseur. Cela dit, du côté des
élus socialistes, même si ce sont eux qui ont demandé ce rendez-vous, les
réactions sont très contrastées. Il y a d'abord ceux qui sont sur le mode 'tout
est normal'. C'est le cas du député socialiste du Finistère Jean-Jacques Urvoas
:

"L'interprétation de
cette phrase, c'est : 'je ne privatiserai pas l'Elysée pour recevoir mes amis
régulièrement pour banqueter sur les fonds publics'".

Sauf que ce rendez-vous
entre le président et les parlementaires socialistes sert aussi de révélateur
sur l'état d'esprit de ses troupes. Le député socialiste des Bouches du Rhône
Patrick Mennucci :

"On est des
parlementaires, pas des béni-oui-oui!"

Pas des béni-oui-oui mais
jusque-là, le ton est plutôt cordial et poli.

Au-delà du fait de donner un
peu plus de relief à la conférence de presse de ce soir, le vrai but de cette
opération est de remonter le moral des troupes. C'est de la câlino-thérapie.
C'est ce que faisait régulièrement Nicolas Sarkozy lors de grand messe à
l'Elysée. Après avoir laissé la parole se libérer un peu, le chef réaffirmait
son autorité. Le problème, chez les socialistes, c'est que ce n'est pas
franchement la culture maison. Une conférence de presse, un restaurant, un
président : la formule n'emballe pas tout le monde comme le député socialiste
de la Nièvre, Christian Paul, qui fait parti de ceux qui sont un peu réservés :

"Moi je ne suis pas
demandeur de soirées mondaines dans des grands hôtels ou à l'Elysée".

Et puis, il y a enfin ceux
qui ont dû avaler quelques couleuvres en un an. Ce sont ceux qui n'ont pas
aimés l'accord de stabilité européen, l'accord compétitivité, ou qui n'aimeront
pas la réforme à venir des retraites. C'est l'autre effet révélateur pour un
chef de l'Etat qui se rapproche de ceux qui l'ont fait roi sans forcément
l'aimer. Le député de Paris Pascal Cherki :

"Qu'il vienne c'est
bien. Je parlerai foot avec lui s'il veut!"

Bon cela dit, parler foot en
ce moment, après les histoires du PSG, même cela, cela pourrait-être un peu
polémique en ce moment.

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