Salaires : "Les hauts dirigeants se comparent très peu à leurs salariés", selon Loïc Dessaint, du cabinet Proxinvest

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La rémunération des dirigeants agite de plus en plus les assemblées générales d'actionnaires. 

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Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest, le 18 mai 2022 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Stéphane Richard fait marche arrière. Face à la polémique, le président sortant du groupe Orange renonce à sa prime de départ. L'Assemblée générale, prévue jeudi 19 mai, devait lui attribuer 475 000 euros bruts. Invité éco de franceinfo, Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest, cabinet de conseil aux actionnaires, s'était opposé à ce complément de rémunération : "Pour nous, il n'y avait pas de raison de l'indemniser."

Lors des assemblées générales, les votes sur les rémunérations sont de plus en plus tendus. Selon Scalens, qui observe les sociétés cotées, les dirigeants du CAC 40 n'ont jamais été autant rémunérés : pour l'année 2021, ils ont en touché, en moyenne, 8,7 millions d'euros. De son côté, Loïc Dessaint rappelle que "deux dirigeants, cette année, vont atteindre des sommets européens" : Carlos Tavares, chez Stellantis, dont Proxinvest estime la rémunération à 66 millions d'euros, et Bernard Charlès, le directeur général de Dassault Systèmes, "qui passe d'environ 20 à 44 millions d'euros". Au-delà de ces cas extrêmes, le spécialiste observe que "beaucoup de bonus annuels sont versés à des niveaux très élevés."

Des actionnaires plus puissants  

"Ces hauts dirigeants, poursuit-il, ont tendance à se comparer à leurs concurrents à l'international, aux Etats-Unis, où les rémunérations sont plutôt de l'ordre de 15 millions d'euros, deux à trois fois plus qu'en France. Ça, ça tire les rémunérations vers le haut. Ils se comparent très peu à leurs propres salariés, sauf quelques cas exceptionnels. Par exemple, chez Thalès, où M.Caine sera augmenté de 6%", répliquant la hausse des salaires au sein du groupe.

Depuis la loi Sapin II votée en 2016, les actionnaires peuvent bloquer les rémunérations, s'ils le souhaitent. Ils le font "assez rarement", constate Loïc Dessaint : "Il faut plus de 50% des votes pour que ce soit rejeté. C'est rare, mais ça bouge et les taux de contestation sont quand même assez élevés."

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