Inflation : "On est devant un tsunami de coûts dans le secteur alimentaire", explique Jean-Philippe André, président de l'Ania

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Le président de l'Association nationale des industries alimentaires revient sur l'envolée des prix de l'alimentation dans les supermarchés.

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Jean-Philippe André, président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) était l'invité éco du mercredi 28 septembre. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

L'inflation a déjà atteint quasiment 8% sur un an dans l'alimentaire selon les dernières statistiques de l'Insee. Le président des industriels du secteur, Jean-Philippe André, invité éco du mercredi 28 septembre, ne peut garantir que cette envolée des prix dans les supermarchés est terminée. Car les coûts de fabrication augmentent, notamment à cause de la flambée des prix de l'énergie.

Le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) tient à relativiser la hausse des prix de l'alimentaire par rapport à nos voisins européens. "L'inflation alimentaire est  pratiquement de moitié par rapport à ce que l'on constate en Espagne ou en Allemagne", explique Jean-Philippe André. Le coût de l'énergie est ce qui inquiète les industriels de l'alimentaire à court terme. "On est devant un tsunami de coûts dans le secteur alimentaire. J'ai en tête des sociétés qui relèvent de la charcuterie où le coût de l'énergie est de 2,5 millions en 2021, ce coût passe à 6 millions maintenant et à 14 millions l'an prochain", détaille le président de l'Ania. 

Les "hausses en rayon" sont "justifiées"

Les prix ont augmenté de quasiment 20% sur les pâtes et le couscous, avec une hausse de 9% sur les chips par exemple. "Plus 60% pour le blé et plus 100% sur les oeufs", détaille l'industriel, répondant que les coûts de fabrication explique cette hausse pour les consommateurs. Jean-Philippe André, qui est par ailleurs dirigeant du groupe Haribo, estime que les industriels doivent "se tourner vers leurs clients" en expliquant qu’il doit "passer la réalité des coûts" car il "ne peut pas continuer à produire s'il perd de l'argent". Les "hausses en rayon", sont "justifiées" selon lui, "de la même manière que le Smic a augmenté de 8%, ce que tout le monde trouve normal". Alors l’augmentation "doit être impactée au niveau du consommateur", explique Jean-Philippe André.

Concernant les aides de l'État, il estime que "Bercy a pour l'instant mis en place un système à destination des toutes petites entreprises", et pas forcément à destination des grands industriels qu'il représente au sein de l'Ania. Il juge aussi que "le dispositif est assez compliqué, il faut avoir fait Bac +14 pour s'en sortir", commente-t-il. "Mais il ne faut pas toujours en appeler à l'Etat, ajoute le président de l'Ania. Il faut se demander si on ne peut pas nous-mêmes arriver à réguler cette situation".

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