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Guerre en Ukraine : un embargo sur le pétrole russe est "possible" mais "extraordinairement difficile" selon un chercheur

La France souhaite un embargo rapide sur le pétrole russe. Mais pour d'autres pays européens, c'est une décision lourde, comme l'a expliqué mercredi sur franceinfo Marc-Antoine Eyl-Mazzega, chercheur à l’Institut français des relations internationales.

Article rédigé par France Info
Radio France
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Marc-Antoine Eyl-Mazzega, chercheur à l’Institut français des relations internationales, était l'invité de franceinfo mercredi 20 avril. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

La France veut se passer du pétrole russe. Le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, l'a répété mardi 19 avril. Il espère que l'Europe va imposer rapidement un embargo, pour augmenter la pression sur Moscou dans le cadre de la guerre en Ukraine. La Russie fournit 30% du brut acheté par l'Union européenne. Selon Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du Centre énergie et climat de l’Institut français des relations internationales (Ifri), un embargo sur le pétrole russe est "possible" mais serait "extraordinairement difficile" pour certains pays.  

"En Europe centrale ou en ex-Allemagne de l’est, explique-t-il, on a construit à l’époque de l’URSS des centrales uniquement approvisionnées par du pétrole en provenance de Russie. Pour ces raffineries-là, diversifier les approvisionnements est possible, mais c’est compliqué et cher."  

La France moins dépendante que l’Allemagne  

La France est relativement tranquille, selon le chercheur, car "l’essentiel de ses approvisionnements vient de la façade maritime, des ports". Par ailleurs, il y a, "dans la quasi-totalité des pays européens", des stocks stratégiques "qui représentent l’équivalent de 90 jours d’importation".  

Il y a une capacité à encaisser un tel choc (…) mais certaines zones seront beaucoup plus difficiles à approvisionner.

Marc-Antoine Eyl-Mazzega, chercheur à l'IFRI

sur franceinfo

"L’enjeu, explique le chercheur de l’Institut français des relations internationales, est de mettre en place la logistique pour le faire. C’est compliqué. Ça représente des coûts supplémentaires, d’où ces difficultés qu’on peut avoir dans les discussions politiques."

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