Décarbonation : "Le premier levier, c’est le renouvellement de la flotte", selon Anne Rigail, la patronne d’Air France

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La compagnie vient d'accueillir son premier A220. Toujours en crise, elle ne prévoit pas de nouvelles suppressions d'emplois. 

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Anne Rigail, directrice générale de la compagnie Air France, invitée de franceinfo le 29 septembre 2021. (FRANCEINFO)

Pour redécoller, Air France accueille un nouvel avion : la compagnie vient de recevoir son premier A220, un moyen-courrier dont elle a commandé 60 exemplaires. Invitée éco de franceinfo mercredi 29 septembre, Anne Rigail, la directrice générale de la compagnie, estime que l’appareil est à la fois plus économique et plus écologique"Le premier levier de la décarbonation, c’est le renouvellement de la flotte".  

"Sur chaque vol, par rapport à un vol opéré en Airbus 318, 319 ou 320, on va gagner 10% de coût unitaire", précise la dirigeante, qui insiste également sur le gain en termes de consommation. Selon Airbus, l’A220 consomme 25% de moins qu’un appareil comparable de précédente génération.  

Le défi des écocarburants  

Face à la crise climatique, la compagnie veut déployer plusieurs solutions car l’A220 "fait partie des solutions, mais ce n’est pas une solution miracle", explique Anne Rigail : "La moitié de notre flotte sera composée d’avions de dernière génération en 2025 et c’est le premier levier de décarbonation".

"Mais ça ne suffit pas, insiste-t-elle, car il faudra aussi utiliser des carburants d’aviation durable qui permettent de réduire de 80% les émissions de C02 sur l’ensemble du cycle de vie, et on commence dès l’an prochain". La patronne de la compagnie plaide aussi pour le développement de l’écopilotage.  

De nouvelles mesures d’économies  

Air France est "loin d’être sortie de la crisereconnaît Anne Rigail. Notre niveau d’activité est à 62% du niveau de 2019". Cet été, la compagnie a enregistré de meilleurs résultats commerciaux, mais le "trafic business" reste incertain : "On va avoir un grand test avec l’ouverture des États-Unis".  

Au printemps, l’État a apporté une nouvelle aide à Air France, en effaçant une ardoise de trois milliards d’euros et en trouvant un milliard d’argent frais. Une nouvelle recapitalisation sera-t-elle nécessaire ? "Il faut renforcer nos fonds propres" répond Anne Rigail, pour qui "le calendrier n’est pas encore défini". Et la dirigeante rassure : "On a de quoi tenir largement jusqu’à fin 2022".  

Dès l'an dernier, le groupe avait annoncé 6 500 suppressions d’emplois. Où en est ce projet ? "On a fait trois plans de départs volontaires (...) Cette cible sera atteinte d’ici fin 2022 mais la grande majorité a été faite cet été". La patronne d’Air France reconnaît cependant que "la crise se prolonge",  et avertit : "En permanence, on alimente ce plan de transformation avec de nouvelles initiatives". Elle ne prévoit pas néanmoins de nouveaux plans de suppressions d’emplois. Quant à d’éventuels licenciements, en plus des départs volontaires prévus, ils ne sont pas d’actualité : "À la fin 2022, on fera le bilan".      

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