L'invité éco, France info

Confinement : "Je pense que des théâtres peuvent être amenés à déposer leur bilan", explique le directeur général du théâtre de Paris

Pour Stéphane Hillel, "la plus forte probabilité serait une réouverture de nos salles dans le courant du mois d'octobre".

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Stéphane Hillel lors de l\'enregistrement de l\'émission \"Vivement Dimanche\" sur France 2, le 22 janvier 2014.
Stéphane Hillel lors de l'enregistrement de l'émission "Vivement Dimanche" sur France 2, le 22 janvier 2014. (FRÈDÈRIC DUGIT / MAXPPP)

"Je pense que des structures de production peuvent disparaître", a alerté Stéphane Hillel, directeur général du théâtre de Paris, invité éco de franceinfo mercredi 6 mai. "Des théâtres peuvent être amenés à déposer leur bilan si la situation devait perdurer trop longtemps et si au moment où on va pouvoir ouvrir nous ne sommes pas accompagnés", a expliqué le président de l'association de soutien du théâtre privé, non subventionné, après les mesures annoncées par le président de la République pour la culture, secteur fortement touché par la crise sanitaire du coronavirus.

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Un rapport du professeur François Bricaire transmis aux autorités, qui préconise entre autres un à deux sièges entre spectateurs, le port de masque, la suppression éventuelle d'entractes, le nettoyage systématique des instruments de musique, une distanciation des musiciens ou encore des mises en scène adaptées, laisse déjà le milieu dubitatif.

"On aura besoin d'accompagnement"

"Concernant la réouverture, il faudra voir cela avec les pouvoirs publics sur les contraintes qu'on va avoir, a expliqué le directeur général du théâtre de Paris. Il faut rassurer le public, mais si on doit mettre un spectateur et lui laisser 4 m² autour, c'est injouable, non seulement en termes économiques mais aussi parce que ce n'est pas la nature du théâtre", car "être clairsemé dans une salle c'est d'une tristesse terrible, il ne faut pas faire prendre de risques à qui que ce soit ni au public ni aux artistes, et en même temps conserver ce qu'est le théâtre, qui est un lieu de convivialité".

Si on doit "laisser un fauteuil d'écart c'est encore jouable mais s'il faut un peu plus", ce sera difficile, a avoué, Stéphane Hillel. "On aura besoin d'accompagnement surtout si nos jauges, le nombre de personnes qui vont pouvoir accéder à nos salles, est trop minoré", a-t-il insisté.

Peu de certitude sur la réouverture des théâtres

Aujourd'hui "personne ne peut savoir" quand les salles de théâtre vont rouvrir. "Personne ne sait si l'épidémie va repartir ou s'éteindre, on n'en sait rien, a indiqué Stéphane Hillel. Pour moi, la plus forte probabilité serait une réouverture de nos salles dans le courant du mois d'octobre. C'est difficile d'être plus optimiste ou plus pessimiste. On pourrait dire que janvier, ce serait assez catastrophique."

Chaque année, "les recettes de billetterie sur l'ensemble du territoire pour le théâtre c'est 170 millions d'euros, a expliqué Stéphane Hillel. Pour Paris, c'est 120 millions d'euros, mais je n'ai pas encore les chiffres pour calculer la perte réelle pour chaque entreprise. Mais vous pouvez imaginer ce que ça coûte en perte d'exploitation".

Stéphane Hillel lors de l\'enregistrement de l\'émission \"Vivement Dimanche\" sur France 2, le 22 janvier 2014.
Stéphane Hillel lors de l'enregistrement de l'émission "Vivement Dimanche" sur France 2, le 22 janvier 2014. (FRÈDÈRIC DUGIT / MAXPPP)