Climat : la COP26 a "des résultats assez positifs", selon Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne

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Frans Timmermans, chargé du climat au sein de la Commission, exhorte maintenant les pays membres à "aller plus vite" en faveur du climat. 

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 Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, le 24 novembre 2021. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Après la COP26, l’Europe se remobilise pour le climat. Invité éco de franceinfo mercredi 24 novembre, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, chargé du Pacte vert, considère que, malgré des déceptions, la conférence de Glasgow a permis "des résultats assez positifs".  

Le Néerlandais a présenté mercredi aux eurodéputés le bilan de la COP26. La veille, le Parlement avait adopté la réforme de la PAC, la Politique agricole commune, qui comporte un volet environnemental. Les écologistes et une partie de la gauche ont voté contre cette nouvelle PAC, la jugeant trop peu ambitieuse face à la crise climatique.  

"J’aurais aimé une PAC qui aille encore plus vite, mais elle change, et elle change dans la bonne direction.""

Frans Timmermans, Commissaire en charge du Climat

sur franceinfo

Dans le Pacte vert, présenté l’été dernier, la Commission vise une réduction importante des gaz à effet de serre : -55% d’ici 2030 par rapport à 1990. Cet objectif est-il encore d’actualité, avec la nouvelle PAC ?  "Oui, mais ce sera très juste", estime le Commissaire européen : "Il faut vraiment que les plans nationaux qui vont être soumis à la Commission européenne soient exactement dans l’objectif de la PAC réformée (…) Je crois qu’on peut toujours y arriver". En revanche, "si on ne le fait pas", "ce sera très difficile" d’atteindre l’objectif fixé par la Commission européenne dans son Pacte vert.  

Nucléaire : "le choix souverain des pays membres"  

La France se bat pour que la Commission européenne considère les investissements dans le nucléaire comme des investissements verts, durables. "On doit prendre une décision au sein de la Commission d’ici la fin de l’année", explique Frans Timmermans : "Certains pays feront le choix du nucléaire, d’autres ne le veulent pas. C’est le choix souverain de nos pays membres de le faire ou de ne pas le faire".  

Le dirigeant européen considère que le nucléaire "nous donne la possibilité d’arriver au -55% [de réduction des gaz à effets de serre]." "L’avantage du nucléaire, c’est qu’il n’y a pas d’émissions et c’est un grand avantage". Frans Timmermans estime également que le gaz naturel peut être considéré comme une énergie de transition, dans certains pays qui auront besoin de temps "pour aller du charbon au renouvelable".  

Marché du carbone : un nouveau système  

"On voit que dans les transports, les émissions augmentent. Et dans le bâtiment, on n’est pas encore en mesure de réduire l’utilisation de l’énergie. Donc il faut augmenter nos efforts", constate Frans Timmermans. Le Commissaire européen veut donc développer, dans ces nouveaux domaines, la "logique de marché" qui existe déjà sur le marché européen du carbone, où des industriels peuvent acheter et revendre des quotas d’émission.  

Mais le dirigeant défend, parallèlement, la création d’un "fonds social du climat pour compenser les citoyens qui seraient touchés par cela" : "On a la possibilité d’éviter la pauvreté énergétique".  

En 2018, le mouvement des gilets jaunes était né en réaction à la taxe carbone. Le marché du carbone pourrait-il le réveiller ? 

"Le mouvement des gilets jaunes n’est pas un mouvement anti-climat. C’est un mouvement qui demande la justice sociale. Notre transition climatique se fera seulement sur la base de la justice sociale."

Frans Timmermans, Commissaire européen chargé du Climat

sur franceinfo

Le Néerlandais veut "démontrer aux citoyens que c’est un système juste, qu’on va récompenser les citoyens qui ne sont pas en mesure de payer pour cette transition, et qu’on fera payer à ceux qui sont en mesure de le faire".    

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