L'interview éco, France info

"À Paris, l’an prochain, nous aurons 500 véhicules électriques", annonce le PDG de Drivy, Paulin Dementhon

Invité mercredi de "L'interview éco" sur franceinfo, le PDG de Drivy, service de voiture en autopartage, compte bien poursuivre son implantation après la fin du service Autolib' fin juillet. 

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Paulin Dementhon, fondateur de Drivy
Paulin Dementhon, fondateur de Drivy (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Le système de voiture en libre-service Autolib' prendra fin le 31 juillet. Plusieurs services prennent déjà le relais pour mettre à disposition des usagers d'Île-de-France une offre. C'est le cas notamment de la société Drivy, qui propose la location de voitures. Son PDG, Paulin Dementhon, a annoncé sur franceinfo mercredi 4 juillet son ambition d'avoir "500 véhicules électriques" à Paris "d'ici fin 2019".

franceinfo : La fin du système Autolib' provoque une ruée, avec Renault et PSA qui veulent prendre la suite du système. Ils vont mettrre en service des centaines de voiture en auto-partage. Est-ce que vous allez les imiter ?

On va les imiter. En fait, dans Paris, on est déjà de très loin le leader de l'auto-partage. On a dans le Grand Paris 6 000 véhicules partagés sur Drivy, dont 1 000 sont accessibles 24h sur 24 avec l'application Drivy Open. Sur le créaneau électrique, on pense avoir 500 véhicules électriques sur Drivy dès fin 2019. Ils vont pouvoir prendre le relais et exploiter le trésor que représentent les places de parking et les bornes qui sont libérées.

Pour quels types de trajet ?

Ce qui est confus dans l'autopartage, c'est qu'il y a des trajets très courts. Autolib', c'était 20 minutes en moyenne. Drivy, c'est 1 à 2 jours. C'est surtout pour sortir des villes, c'est ce genre de trajets que l'on vise. Ça peut être pour aller en banlieue pour un dîner, pour aller faire des courses, pour partir en week-end, pour partir en vacances. On n'est pas sur des trajets de 5 kilomètres pour aller de A à B. Pour ça, il y a les transports en commun, les vélos et les VTC qui sont les principaux responsables de la mort d'Autolib'. C'est ça qui a changé la donne. On peut commenter sur la gestion d'Autolib' par la ville, par la métropole et par le groupe Bolloré. La réalité, c'est que l'explosion des VTC n'était pas prévue. Pour quelques euros de plus, on a un service beaucoup plus pratique. Il ne faut surtout pas faire Autolib V2, parce que dans la ville, il y a des choses plus efficaces. 

Est-ce qu'il faudra rapporter la voiture là où on l'a prise chez Drivy ?

Chez Drivy, effectivement, il faut revenir au point de départ. Ce n'est pas la même souplesse mais quand vous partez pour quelques heures, vous préférez avoir une place de parking et une zone de stationnement réservées. 

Qu'allez-vous faire dans les autres grandes villes où vous êtes présents ?

Drivy est déjà présent dans six pays d'Europe et dans des centaines de villes. En libre-service, on est dans une dizaine de villes en France : Bordeaux, Toulouse, Lyon, Marseille, Nantes... On va proposer le même type de système avec des flottes un peu plus petites qu'à Paris. C'est déjà lancé, déjà disponible. Il y a une véritable accélération de ce système de libre-service.

Allez-vous baisser vos prix ?

On vient de lancer un prix pour 4 heures. Il est 30% moins cher que le tarif à la journée. On arrive sur des prix de 20 euros, ce qui est beaucoup moins cher que toutes les alternatives. Avec Drivy, c'est le moyen le plus efficace, le moins coûteux : moins cher qu'un VTC, moins cher qu'Autolib'. On est assez compétitifs.

À qui appartiennent vos voitures ?

Historiquement, on a commencé uniquement avec des particuliers qui mettaient leurs voitures pour la louer sur Drivy. Depuis une ou deux années, on a commencé à avoir des professionnels qui mettent leurs flottes sur Drivy. Ça s'accélère, il y a énormément de business qui se créé sur la plateforme. On pense qu'il y aura 60% de professionnels dans trois ans, contre 20% aujourd'hui. Le modèle est vraiment en train de changer. On reste une place de marché, Drivy ne possède pas de flotte. Cela accélère la croissance de modèle. 

Est-ce que vous allez devenir un loueur comme un autre ?

L'expérience pour les clients, de libre-service, où l'on peut ouvrir les portes avec l'application Drivy, est radicalement différente. En dix minutes, on peut être au volant d'une voiture sans passer par une agence, sans passer par des papiers. 

Les Français continuent à acheter des voitures individuelles. Les ventes ont augmenté de plus de 9% en un an. Est-ce que l'autopartage va se développer autant que vous l'imaginez ?

Pour démotoriser, il faut une combinaison de plateformes et de services qui répondent à tous les besoins des automobilistes : aller au travail, faire des trajets courts et longs. Il y a de la place pour tous.

Paulin Dementhon, fondateur de Drivy
Paulin Dementhon, fondateur de Drivy (VINCENT ISORE / MAXPPP)