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Manifestation des personnels des Ehpad : "Il faut travailler sur un grand plan dépendance", assure Olivier Véran, député LaREM

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À la veille d'une journée de manifestation des retraités et des personnels des Ehpad,  Olivier Véran, député LaREM de l’Isère, et rapporteur général de la commission des affaires sociales, était l'invité, mercredi, de L'Interview J-1 de franceinfo.

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Radio France
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Olivier Véran, député La République en marche de l'Isère et neurologue au CHU de Grenoble. (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

Les retraités se mobilisent jeudi 15 mars pour protester contre la hausse de la CSG et la baisse du pouvoir d'achat. Quant aux professionnels de l'aide aux personnes âgées, ils se mobilisent pour réclamer plus de moyens humains. Plusieurs manifestations sont prévues à travers la France. Les "marcheurs", comme Olivier Véran, médecin, député LaREM de l’Isère, et rapporteur général de la commission des affaires sociales, font face à plusieurs fronts. Il était l'invité de l'interview J-1 sur franceinfo. 

franceinfo : Les personnels des Établissements d'hébergement pour personnes dépendantes (Ehpad) manifestent demain, deuxième mobilisation en six semaines. Agnès Buzin, la ministre de la Santé, a été claire en disant qu'un aide-soignant pour un résident, la France n'en avait pas les moyens. Le mouvement va donc continuer ?

Olivier Véran : Il ne faut pas s'arrêter à cette déclaration. On a une vraie difficulté pour faire face au vieillissement de la population. Quand vous êtes admis en Ehpad, vous devez débourser 2 000 euros, en moyenne, par mois. Alors qu'en moyenne, les retraites sont à 1 300 euros par mois. 

On connait le constat. Mais qu'en est-il des moyens ?  Votre collègue Monique Iborra vient de rendre son rapport, alarmant, co-écrit avec une députée La France Insoumise, Caroline Fiat, elle-même aide-soignante. Ce rapport préconise un minimum d’une heure et demi de soins par jour pour les résidents, ça signifie qu’il faudrait doubler le nombre de soignants. Est-ce réaliste ?  

Il faudrait 18 milliards d'euros par an pour cela. Cela veut dire qu'il faudrait augmenter la CSG de 2%. Il faut donc rester dans des proportions acceptables pour les contribuables. Pour autant, il faut agir pour les Ehpad et ceux qui y travaillent. C'est un métier dévalorisé socialement et financièrement. Il faut donc que nous travaillons sur un grand plan dépendance. Depuis 2004, les efforts en faveur des Ehpad ont été multipliés par trois, avec le développement de places et de postes de soignants. Cela ne suffit pas. Cette année, nous dépensons pour la santé quatre milliards de plus que l'année précédente. La ministre de la Santé a développé un fond d'urgence de 100 millions d'euros pour les Ehpad. Nous nous sommes engagés à développer 8.500 places supplémentaires dans les Ehpad.   

On sera loin du rapport de Caroline Fiat et de Monique Iborra...     

Il faut plutôt se fixer des critères de bien-être au travail pour les salariés. Par exemple, nous nous sommes engagés d'ici à la fin de l'année 2018 à faire évaluer par le personnel des Ehpad leur capacité à offrir des soins de qualité à l'ensemble des pensionnaires. Mais nous n'échapperons pas à un vrai grand plan sur la dépendance d'ici les prochaines années. 

J-1, c’est aussi le coup de gueule des retraités. Ils seront dans la rue eux aussi, à l’appel de neuf syndicats. Votre argument, dans la majorité, c’est d’assumer une "redistribution intergénérationnelle". Vous demandez un effort aux plus âgés au profit des actifs. Mais la question est légitime : pourquoi un retraité modeste devrait-il payer pour un cadre ? 

Pour l'immense majorité des retraités, les mouvements fiscaux organisés, à travers la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des foyers, à travers la modification de la CSG pour certains retraités, vont quand même faire un certain nombre de bénéficiaires. De plus, nous augmentons le minimum vieillesse de 100 euros par mois. Donc, parfois, il y a un peu de confusion parce que ce sont des dossiers techniques et complexes. 

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