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Conférence des territoires : "On participe à la discussion. Si, au bout de la discussion, on s'aperçoit qu'on a été cocus, on réagira"

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Alors que la conférence des territoires s'ouvre jeudi à Cahors (Lot), Hervé Morin, président de la région Normandie et président de l'association Régions de France, était l'invité de L'Interview J-1, mercredi sur franceinfo.

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Radio France
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Hervé Morin, président de la région Normandie et de l'association Régions de France, était l'invité de L'Interview J-1, mercredi 13 décembre sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Cahors (Lot), capitale de la France pour deux jours. La conférence des territoires s'ouvre jeudi 14 décembre, en compagnie de 13 membres du gouvernement. À cette occasion, Hervé Morin, président du parti Les Centristes, de la région Normandie et de l'association Régions de France, était l'invité de L'Interview J-1, mercredi sur franceinfo. "Nous voulons être constructifs, nous voulons dialoguer et discuter dans un climat de confiance", a assuré l'ancien ministre de la Défense. 

franceinfo : Fin septembre, vous avez claqué la porte de la conférence des territoires avec les autres présidents de régions, pour protester contre la baisse des dotations de 450 millions d'euros qui vous était infligée. Jeudi, vous serez présents. Pourquoi ?

Hervé Morin : Nous avons dit au Premier ministre et plus globalement à l'exécutif : "Nous voulons que la France réussisse. Et nous pensons que la France ne réussira que si les territoires sont engagés parce qu'il y a une partie des solutions qui sont nationales, celles de l'exécutif, mais une partie de la réponse aux questions que nous avons devant nous passe par des politiques régionales, des politiques des territoires." (...) Nous voulons être constructifs, nous voulons dialoguer et discuter dans un climat de confiance, à partir d'un cadre clair et avec des engagements que sont ceux qu'ont pris soit le Premier ministre dans une conversation que nous avons eu avec les présidents de Région il y a une dizaine de jours, soit dans le cadre de ce qu'a déclaré le président de la République lors du congrès de l'Association des maires de France. Il a dit : "On va permettre l'expérimentation et l'innovation. On sait que les régions et les collectivités sont capables d'agir plus rapidement que l'Etat, empêtré dans ses procédures, son interministériel, son obligation d'équité et d'égalité qui fait qu'on crée de l'injustice dans les territoires. On sait que vous avez une capacité d'agir et de décision plus rapide donc on va vous permettre de le faire et on va changer la constitution pour ça." (...) Le Premier ministre s'est engagé à ce que nous ayons un cadre stabilisé jusqu'en 2022. Nous avons commencé des discussions avec l'exécutif. Donc en clair on lui dit : "On a entendu votre message, on veut bien y croire donc on participe à la discussion. Si au bout de la discussion on s'aperçoit qu'on a été cocus, on réagira."

Edouard Philippe et 12 ministres délocalisés pour 48 heures à Cahors, dans le Lot, c’est utile ou c’est de la communication ?

Honnêtement, ce n'est pas parce que vous allez respirer l'air de la campagne que ça va vous inspirer plus pour mener des politiques en faveur des territoires. Je suis un élu des territoires, je suis élu d'une zone rurale, j'y pense même en étant à Paris. C'est plus que gadget, c'est exactement ce qui ne sert à rien.

Edouard Philippe a évoqué un "plan B" pour Nantes, qui serait d’agrandir l’aéroport existant plutôt que d’en construire un nouveau à Notre-Dame-des-Landes. Il y a pourtant eu un référendum en juin 2016 et le "oui" l’a emporté. Peut-on en faire abstraction ?

Il faut que l'Etat décide. Ça suffit les atermoiements. La première chose, c'est qu'il faut que les zadistes soient dégagés de l'espace qu'ils occupent. Il faut que la loi soit respectée. Après, je n'ai pas tous les éléments en main pour pouvoir dire "la solution, c'est celle-là". Ce sont des consultations plus qu'un référendum. (...) Considérer que ça a une valeur absolument absolue... Je ne suis pas sûr. 

Le président de la collectivité de Corse évoque la nécessité de réformer la Constitution pour tenir compte du vote de dimanche. Pour l’instant, le dialogue semble un peu froid avec le gouvernement, qui a simplement nommé la ministre Jacqueline Gourault pour être la "madame Corse". Ça part sur de bonnes bases ?

Le gouvernement se trompe en commençant la discussion sur le thème "c'est simplement une élection territoriale comme les autres". Non, c'est une expression politique profonde et le gouvernement doit l'entendre. Voilà pourquoi il faut modifier la Constitution pour permettre des adaptations en fonction des régions. Que les Corses demandent à avoir un pouvoir fiscal supplémentaire ou intègrent un certain nombre de politiques me semble naturel. 

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