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Haro sur Désir

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Harlem Désir quitte la direction du PS après la claque des municipales, mais avec un parachute doré au gouvernement. Il est désormais secrétaire d'Etat aux Affaires Européennes. Une nomination qui ne plaît pas à tout le monde.
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L'opposition crie au scandale à l'image de l'ex-candidate UMP à la Mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet, sur France 2. "Un remaniement ce n'est pas pour convenance personnelle. Là ce n'est pas une nomination, c'est une exfiltration. On voit bien que cela se passait mal au Parti socialiste, il a échoué au Parti socialiste. Le problème c'est qu'on ne le promeut pas n'importe où. Et quel message est-ce que l'on envoie aux autres Européens. C'est une offense faite à l'Europe ".

Même tonalité pour Laurent Wauquiez. Cette nomination est un très mauvais signe avant les Européennes explique le vice-président de l'UMP sur RMC et BFM TV.  

"Harlem Désir c'est exactement le symbole d'un pouvoir politique qui a renoncé à changer l'Europe. On met quelqu'un que l'on ne considère pas compétent pour s'occuper du Parti socialiste à l'Europe. C'est une France faite de nains politiques qui n'ont plus le courage d'avoir la volonté de secouer la scène européenne. Harlem Désir est l'incarnation de cela ".

La majorité monte au front pour défendre

Mais on a toutefois connu les ministres plus inspirés. Preuve sans doute de l'embarras au PS, l'opération "il faut sauver le soldat Désir" ne provoque pas un enthousiasme débordant. Marylise Lebranchu, la ministre de la Fonction Publique, sur France Inter.

"C'est un député européen, donc je pense qu'il connaît extrêmement bien l'Europe. C'est un choix du président de la République et du Premier ministre et je trouve que les commentaires devraient s'arrêter-là ".

C'est le choix du président et du Premier ministre. C'est aussi ce que dit la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal sur iTélé.  "C'est de la responsabilité du président de la République et du Premier ministre. Ils ont fait leur choix et c'est le bon. Jugeons les personnalités sur leurs actes. "

L'aile gauche du PS monte aussi au front

Elle dénonce le manque de démocratie au sein du parti. Marie-Noëlle Lienmann sur RFI :  "Le président a décidé qu'il allait tout changer, et il veut changer la direction du Parti socialiste en se dispensant du vote des adhérents alors qu'Harlem Désir a été élu par les militants. Si les adhérents des partis sont devenus des godillots qui n'ont plus qu'à, au mieux, ratifier ce que le président de la République a décidé, c'est la dérive de la Ve République ".

L'avis de Jean-Christophe Cambadélis

Au même moment, le successeur désigné d'Harlem Désir semble avoir déjà intégré les critiques qui pointent au sein du PS. Oui, les militants seront consultés assure Jean-Christophe Cambadélis, l'ex-rival d'Harlem Désir.

"La décision sera prise mardi pendant le Conseil national parce que nos règles veulent que ce soit le Conseil national qui soit l'instance délibérante. Je souhaite que les adhérents soient consultés sur celui ou celle qui sera le premier secrétaire, et sur les grandes questions d'orientation et de rénovation du Parti socialiste ".

Jean-Christophe Cambadélis admet aussi sur RTL l'échec d'Harlem Désir, mais à sa façon : "Il n'a pas réussi à la tête du PS ". On ne connaît pas encore le projet du futur patron du parti, mais on sait déjà que c'est un adepte des litotes.

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