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Faut-il encore s'opposer au mariage pour tous ?

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La manifestation des anti-mariage pour tous prévue dimanche continue d'alimenter la polémique. L'égérie du mouvement n'y assistera peut-être pas. Frigide Barjot a peur, elle a reçu beaucoup de menaces de l'extrême droite. Le ministre de l'Intérieur craint des violences dimanche et envisage d'interdire le Printemps français.
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Radio France
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Le mouvement se radicalise au point que le ministre de l'Intérieur
se dit "inquiet". Manuel Valls craint des violences. Il faut dire
que les extrémistes ont pris les rênes du mouvement anti mariage pour tous.

Le Printemps français a publié un communiqué très violent où
il prend pour cibles le gouvernement actuel, les partis politiques "de la collaboration " et termine de manière menaçante en disant que "cet ordre du jour est immédiatement exécutoire ". De quoi faire interdire
ce mouvement. C'est ce qu'envisage Manuel Valls et qu'il a expliqué vendredi matin sur France Info : "Des menaces de
mort et des menaces de ce type sont passible de la justice et la justice va
devoir agir parce que c'est intolérable. Il est temps que tout le monde accepte
ce choix qui a été fait, à la fois par le gouvernement et par le conseil
constitutionnel. Il n'y a pas de place pour des groupes qui défient la
République, la démocratie et qui s'attaquent aussi à des individus.
"

Une contestation qui lasse

Le mouvement anti-mariage pour tous se radicalise et il commence à lasser. D'après un sondage
publié vendredi matin dans Le Parisien , 62% des Français estiment que la contestation
devrait cesser.

Le député Henri Guaino ne se laisse pas influencer, il est
l'un des porte-voix des anti-mariage pour tous et il a bien l'intention de continuer
à manifester, "indéfiniment " s'il le faut : "Si on ne
veut pas faire de référendum c'est parce que l'on pense que les Français
diraient non. Ce que disent les sondages est une chose et ce que je pense en
est une autre. Je suis prêt à contester indéfiniment.
"

La manif de dimanche inquiète aussi Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate à la
primaire de l'UMP à Paris, en appelle à la préfecture de police, "il va y
avoir beaucoup de monde,
" dit-elle. NKM a une nouvelle fois réglé ses
comptes avec Guillaume Peltier vendredi matin. Le vice-président de l'UMP avait
appelé les électeurs à ne pas la désigner
parce qu'elle s'est abstenue sur le
mariage pour tous. Il a été recadré par son parti mais apparemment ça ne suffit
pas à NKM.

"Je dis seulement que cette méthode qui consiste à
montrer l'un ou l'autre dans sa famille politique et à dire celui-là c'est
celui que l'on ne veut pas, sont des méthodes qui viennent du Front national.
Quand on change de parti il faut changer de méthode.
"

Pierre Moscovici déçoit

Les parlementaires socialistes sont eux déçus après
l'annonce de Pierre Moscovici. Le ministre de l'Economie renonce à sa loi sur
la rémunération des patrons.
Il a déclaré qu'il n'y aurait pas de la loi, alors
que la porte-parole du gouvernement l'avait annoncé avant l'été. Pierre Moscovici
s'en tiendra à une "autorégulation exigeante" autrement dit, il
laisse le Medef s'occuper de la rémunération des patrons...

Le député PS Jean Christophe Camabadélis est très déçu : "Ce n'est pas une reculade, mais à l'évidence on n'est pas au niveau que
nous nous étions nous-mêmes fixé. La réalité de la crise est complexe, c'est
très difficile aujourd'hui de faire passer ce type de loi dans un moment où
nous avons besoin de tous pour avancer.
"

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