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Un patron devenu SDF remonte la pente

Michel Deschamps a 54 ans. Quand il regarde en arrière, il revoit tout : son ascension et sa chute, son gros salaire et les foyers pour sans domicile fixe.

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Sur le site internet de Ouest France, Bruno Alvarez raconte l'histoire de ce patron breton. Il passe une enfance heureuse à Saint-Brieuc ; ses parents sont ouvriers. Très tôt, Michel Deschamps rêve d'une carrière dans le commerce, dans la grande distribution. Il avance vite. A 26 ans, il dirige le Leclerc de Dinan, en Ile-et-Vilaine. Il passe d'un établissement à l'autre : cinq hypermarchés. Le patron est efficace : "J'étais restructurateur, confie-t-il à Ouest France. Dans ma carrière, j'ai dû licencier 350 salariés. Je faisais le job". Et en échange de ce "job", Michel Deschamps gagne bien sa vie : 7 500 euros par mois. Un jour, il en a assez. Il veut évoluer. Il crée une société de recrutement pour la grande distribution, et là aussi, il rencontre le succès.

Pourtant, au même moment, sa vie personnelle s'effrite : deux mariages, deux divorces. Les dettes s'accumulent. Michel Deschamps se fâche avec une partie de sa famille. L'ancien directeur d'hypermarché a de plus en plus de mal à s'en sortir. Il doit vendre ses biens. Le plus dur ? "C'a été de ma séparer de ma chienne", dit-il aujourd'hui. A Saint-Brieuc, le Breton est chez lui. C'est là qu'il découvre la rue, pendant une semaine. Il n'a plus de logement. Il passe la nuit dans des foyers pour SDF.

Michel Deschamps n'a plus qu'une obsession : remonter la pente. Il rencontre Marie-France, qui devient sa compagne. Elle le soutient. L'ancien directeur d'hypermarché doit tout reprendre à zéro. Il se bat pour décrocher le RSA : 420 euros par mois - 17 fois moins que son ancien salaire. A Pôle Emploi, il doit apprendre à rédiger un curriculum vitae. Quelques années plus tôt, il embauchait et licenciait à tour de bras. A présent, il doit démarcher les employeurs un par un. Il envoie 250 CV et reçoit seulement 25 réponses. "J'ai vite compris que mon âge - 54 balais - était un frein".

Michel Deschamps essaie de monter sa propre affaire, toujours dans le recrutement. Le département lui accorde une aide de 4000 euros. Une banque accepte de lui prêter 5500 euros. De quoi louer un petit local, racheter un ordinateur, une imprimante. Aujourd'hui, il en est là. Il utilise ses anciens contacts dans la grande distribution. Rien n'est joué, mais l'ex-patron reprend espoir.

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