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Quand des étudiants chinois découvrent la Corée du Nord

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C'est un voyage d'études, dans le pays le plus fermé du monde. Le magazine "Courrier international" y consacre un long article dans son numéro qui sort demain. Des étudiants chinois racontent ce qu'ils ont vu en Corée du nord. Chez eux, en Chine, ils sont habitués à la propagande. Mais en Corée du Nord, ils découvrent encore un autre univers.
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Radio France
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Bai Xiaoyi vient de Pékin. Un jour, dans le métro de Pyongyang, la capitale, elle croise une vieille femme lourdement chargée. Sans hésiter, l'étudiante propose de l'aider. Mais la vieille femme prend peur. Elle s'enfuit en courant. Le contact avec un étranger est dangereux. Cette méfiance, les étudiants chinois la ressentent tout au long de leur séjour. A l'université de Pyongyang, ils partagent leurs dortoirs avec de jeunes Nord-Coréens. L'ambiance est détendue, sauf quand les visiteurs demandent à leurs hôtes d'exprimer une opinion. Un étudiant chinois se souvient qu'à ce moment là, les Nord-Coréens avaient un subterfuge : "ils disaient qu'ils devaient téléphoner. Ils partaient et on ne les voyait plus revenir".

En revanche, quand ils évoquent leurs dirigeants, les étudiants de Pyongyang sont intarissables... et apparemment sincères

En revanche, quand ils évoquent leurs dirigeants, les étudiants de Pyongyang sont intarissables... et apparemment sincères. Le "Grand Leader", le général Kim Il-Sung, est pour eux un héros. Il suffit d'ouvrir les manuels utilisés à l'université. Ces livres expliquent que "l'espèce humaine est originaire de la péninsule nord-coréenne" et que le "Grand Leader" n'est pas né par hasard. D'ailleurs, juste avant sa naissance, un double arc-en-ciel et une étoile seraient apparus. Jusqu'à quel point les jeunes Nord-Coréens sont-ils convaincus par ces légendes ? Difficile à dire. Ils semblent heureux. L'Etat s'occupe de tout. Si leur pays a des difficultés, si les produits de consommation courante sont insuffisants, il n'y a qu'un seul responsable : "l'impérialisme américain".

Si proches, si loin...

Cet enthousiasme a quand même des failles. Par exemple, "Courrier International" raconte que les étudiants chinois ont apporté des films et des disques étrangers : les albums de Katy Perry et Lady Gaga, une émission de télé-réalité américaine et même des films pornographiques venus du Japon. Les étudiants nord-coréens se jettent dessus. Mais ils regardent ces films en cachette et ne les commentent pas. Dans leur pays, les jeunes amoureux ont à peine le droit de se tenir la main en public. Les relations sexuelles avant le mariage sont presque inexistantes.

Quand les étudiants chinois rentrent chez eux, à Pékin, ils se rendent compte à quel point leur monde est différent. Une étudiante se rappelle un détail de son voyage : une petite couverture chauffante offerte en cadeau à un professeur nord-coréen. L'enseignant en avait les larmes aux yeux. Derrière les discours, les étudiants chinois ont découvert un pays en perdition.

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