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En Chine, la mobilisation pour une millionnaire condamnée à mort

Elle s'appelle Wu Ying.Dans la revue XXI, Dominique Lorentz raconte ce destin chinois. En 2003, Wu Ying a 22 ans, quand elle ouvre son premier salon de beauté. La jeune femme est née dans une famille modeste, dans la province du Zhejiang, sur la côte. Mais elle a le sens des affaires, et très vite, elle ouvre d'autres salons. Elle investit dans l'hôtellerie, dans l'immobilier. En 2006, à 25 ans seulement, Wu Ying est la sixième femme la plus riche de Chine.

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C'est là que les difficultés commencent. Wu Ying est arrêtée. La police l'accuse d'avoir détourné près de 50 millions d'euros, d'avoir trompé des investisseurs en leur promettant des rendements faramineux. Mais une partie de l'argent s'est envolé.

La jeune femme est emprisonnée. Elle choisit de négocier avec les enquêteurs. Pour obtenir la clémence de la justice, elle fournit une liste de 137 noms, des membres du gouvernement local et des chefs d'entreprises qui lui ont prêté de grosses sommes pour financer ses activités. Pourquoi l'ont-ils fait ? Dans XXI, Dominique Lorentz l'explique simplement : en jouant les banquiers, ces dirigeants ont blanchi de l'argent sale, le fruit de la corruption et des pots-de-vin. Dans la foulée, dix notables sont condamnés. Les autres ne sont pas inquiétés.

Wu Ying, elle, affronte son premier procès en 2009. Elle est reconnue coupable, et elle est condamnée à mort : selon la justice, ses "crimes" constituent "un immense préjudice au peuple et à la nation". La millionnaire fait appel. Mais il y a quelques semaines, sa demande est rejetée.

Reste l'opinion chinoise. Elle est là, prête à défendre Wu Ying. La revue XXI explique que de simples citoyens, comme des intellectuels et des hommes d'affaires soutiennent la femme d'affaires. Selon eux, en Chine, la plupart des sociétés privées ont recours aux mêmes méthodes que Wu Ying. Elles sont obligées d'emprunter de l'argent à droite et à gauche car les banques ne font pas leur travail. Un avocat le résume sur son blog : "la vie de Wu Ying nous concerne tous".

La jeune femme n'est plus seule. Elle continue à plaider sa bonne foi. Son dernier espoir, c'est la cour suprême. Wu Ying pourrait échapper à la peine de mort.

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