Viser la paix et refuser la nostalgie d’anciennes frontières : le discours de Martin Kimani, ambassadeur du Kenya à l’ONU devient viral

écouter (2min)

Le représentant permanent du Kenya s’est exprimé mardi aux Nations Unies, en réaction à l’annonce de Vladimir Poutine de reconnaitre les territoires séparatistes prorusses d’Ukraine. Un évènement qu’il a condamné en prenant exemple sur l’histoire de l’Afrique.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Martin Kimani, représentant permanent du Kenya aux Nations unies. (PACIFIC PRESS / LIGHTROCKET via GETTYIMAGES)

Martin Kimani, représentant permanent du Kenya à l’ONU, a défendu l’intégrité territoriale de l’Ukraine contre les attaques de la Russie qu’il condamne et l’évènement l’a poussé à faire un petit cours d’histoire, sur "la dangerosité de la nostalgie", de la tentation de se dire que "c’était mieux avant", et pour ce faire, il a pris exemple sur ce qu'a subi l’Afrique. "Je ne vous apprends rien en vous rappelant que nos frontières actuelles n’ont pas été tracées par nous, elles sont nées de l’effondrement des empires coloniaux et ont été décidées par des capitales lointaines, Paris, Londres, Lisbonne, tout ça au mépris des peuples qu’elles ont, de fait, séparés, scindés, éloignés. Pourtant aujourd’hui, de chaque côté des frontières, de chaque pays africain vivent des gens qui partagent une culture, une histoire, une langue et des liens puissants."

Martin Kimani explique qu’après la décolonisation, chaque peuple aurait pu reconstituer son ancien territoire, redessiner la carte de tout le continent. Au lieu de cela, "plutôt que de regarder en arrière et de sombrer dans une forme dangereuse de nostalgie, nous avons tous choisi de regarder devant, vers l’avenir, et de respecter la seule charte pouvant nous unir, celle des Nations unies. Ne vous méprenez pas, ajoute l’ambassadeur, nos frontières ne nous satisfont pas, simplement nous visons plus haut, plus grand que la carte, nous visons la paix". 

Si une frontière divise, Martin Kimani répond qu’il faut coopérer, entretenir les liens culturels, économiques, linguistiques, travailler ensemble et respecter l’autre. Une frontière n’est jamais parfaite, rarement juste ou satisfaisante, mais la franchir c’est la guerre, c’est un échec, c’est "la voie, conclue-t-il, vers la domination et l’oppression".

Une intervention vue plus de cinq millions de fois

Et Martin Kimani sait de quoi il parle, puisqu’avant de porter la voix de son pays à l’ONU, il a été chargé de la lutte contre le terrorisme et les extrémismes au Kenya, et il est diplômé du King’s College de Londres en histoire de la guerre. Son plaidoyer a touché bien au-delà du cercle onusien puisque, rien que sur Twitter, il a été vu par plus de cinq millions de personnes, partagé des centaines de milliers de fois, salué, applaudi, remercié pour ses mots justes, et ce rappel qu’on n’a jamais fondé l’avenir en brandissant le passé, et que la guerre n’est pas la paix.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.