Survivant des attentats de Manchester, Martin Hibbert gravit le Kilimandjaro en fauteuil et brise les idées reçues sur le handicap

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Cinq ans après avoir perdu l’usage de ses jambes, ce Britannique s’est mis au défi de gravir le Kilimandjaro, plus haute montagne du continent africain, pour faire évoluer les mentalités sur le handicap et montrer "qu’en étant soutenu et encouragé, on peut tout accomplir".

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Radio France
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Martin Hibbert gravit le Kilimanjaro en fauteuil sur le compte Twitter de BBC Breakfast. (CAPTURE D'ÉCRAN)

Il s’était mis au défi de monter jusqu’au sommet du Kilimandjaro, et il y est parvenu le 13 juin, après cinq jours et 72 kilomètres d'ascension, malgré sa paraplégie, malgré son fauteuil roulant, puisque c’est ainsi que Martin Hibbert, 45 ans, a fait l’ascension, cinq ans après l’attentat terroriste qui a tué 22 personnes à l’Arena de Manchester, le 22 mai 2017. Ce soir-là, il sortait tout juste du concert d’Ariana Grande lorsqu’il s’est retrouvé à cinq mètres du terroriste qui a actionné sa ceinture d’explosifs. Vingt-deux éclats lui transpercent le corps, les médecins mettent 14 heures à l’opérer, au bout desquelles il apprend qu’il ne marchera plus jamais. Sa moelle épinière a été touchée, ses jambes ne répondent plus.

"Mais ce contre quoi j’ai le plus lutté, dit-il à la BBC, ce n’est pas mon état physique, c’est cette question lancinante : pourquoi j’ai survécu ? Pourquoi moi ? Tous ceux qui étaient dans la zone de l’explosion sont morts, alors pourquoi moi ? Et puis je me suis dit qu’il fallait aller au-delà de ce pourquoi et donner un sens à ma survie, une utilité, et l’utilité, c’est de contribuer à faire évoluer les mentalités sur le handicap."

Martin Hibbert ne veut pas qu’on le réduise à son statut de victime d’attentat, il ne veut pas non plus qu’on le réduise à sa paralysie. "Ne disqualifiez jamais une personne parce qu’elle est en fauteuil, on peut faire beaucoup plus que vous ne pensez en étant soutenu et encouragé, on peut gravir le Kilimandjaro." C’est donc ce qu’il a fait. Il s’est envolé pour la Tanzanie après plusieurs mois de préparation, à lever des fonds, former une équipe et recruter des porteurs, puisque le fauteuil ne passe pas tous les rochers.

Martin Hibbert n’est pas monté seul mais soutenu, encouragé, acclamé par des dizaines de personnes, dont les deux infirmières qui se sont occupées de lui à l’hôpital. "A la fin, une fois arrivé en haut à 5 685 mètres, dit-il, c’était un tel soulagement que je ne savais pas si je voulais rire ou m’effondrer en pleurant." En réalité, Martin Hibbert a chanté, et dansé de joie. Son ascension lui a permis de récolter un demi-million de livres sterling pour la recherche médicale et surtout de démontrer que la solidarité et l’entraide sont les clés pour déplacer des montagnes.

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