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Lizzie, la petite anglaise de 9 ans qui a lancé une pétition contre l’exportation des déchets plastiques

C’est en écoutant les cours organisés à l’école sur la pollution plastique que cette enfant de 9 ans a décidé d’agir. Confinement oblige, elle n’a pas organisé de marche ou de grève scolaire, mais mis en ligne une pétition intitulée "Arrêtons d’exporter nos déchets plastiques", récoltant près de 85 000 signatures en moins d’une semaine.

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Une colline de plastique dans un centre de recyclage à Taipei (Taiwan). Photo d\'illustration.
Une colline de plastique dans un centre de recyclage à Taipei (Taiwan). Photo d'illustration. (CHRIS STOWERS / AFP)
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La pétition s’intitule "arrêtons d’exporter nos déchets plastiques", elle s’adresse au premier ministre Boris Johnson, et elle est signée Lizzie A., une jeune anglaise de neuf ans. C’est qu’il n’y a pas d’âge pour agir. D’autant qu’elle s’attaque à un problème très concret. En regardant autour de vous, vous tomberez forcément dessus : ce gobelet de café, ce poste de radio, peut-être même les fibres de vos vêtements... Le plastique est omniprésent et quasiment éternel. C’est bien le problème, et c’est la conclusion à laquelle est arrivée Lizzie, alors qu’elle suivait une série de cours sur le plastique, à l’école : comment il est produit, comment ses usages se sont multipliés ces dernières années, et comment il finit généralement dans la nature faute d’être recyclé.

En apprenant tout ça, l’enfant est choquée. Plus que les autres, plus que ce que sa professeure anticipait. Chez elle, elle prend donc la tablette de sa mère et tape "pollution plastique", en apprend encore plus, est choquée encore plus. Elle découvre ainsi que l’Angleterre produit 300 tonnes de déchets plastiques par jours, 5 millions de tonnes par an d’après les chiffres du parlement. Et que ces ordures sont envoyées en Malaisie, en Thaïlande, au Vietnam, pays qui ne savent plus quoi en faire, les entassent, les brûlent, les laissent glisser dans la mer, polluant ainsi leurs propres ressources.

Que faire une fois qu’on a dit ça ? Lizzy a d’abord essayé de déposer sa pétition sur le site du parlement britannique, où seules 10 000 signatures sont nécessaires pour déclencher un débat, mais sa proposition a été refusée pour cause de doublon. Elle a donc choisi le site change.org. C’était dimanche, et, en plein confinement, alors que les Anglais ont l’esprit occupé par l’épidémie de Covid, sa cause a récolté 85 000 signatures. "Incroyable", dit le responsable du site au Guardian, "totalement inattendu vu le contexte". Vu le sujet, et vu l’âge de la pétitionnaire.

Mais voilà, en lisant les commentaires, on comprend que ceux qui ont signé l’ont fait pour ne pas laisser la colère à une enfant. Parce que bien sûr, nous, adultes, avons bien conscience de cette production massive de déchets, mais elle ne nous indigne plus. En tout cas plus autant. Et c’est peut être ça qui interpelle le plus dans l’histoire de Lizzie, cette indignation saine, évidente. Tout le contraire d’un caprice et avec laquelle nous ferions bien, parfois, de renouer.

Une colline de plastique dans un centre de recyclage à Taipei (Taiwan). Photo d\'illustration.
Une colline de plastique dans un centre de recyclage à Taipei (Taiwan). Photo d'illustration. (CHRIS STOWERS / AFP)